Le sort des dissidents est de recevoir des
coups de bâton, qui leur sont administrés, le plus souvent, dans l'indifférence
générale , ou plus exactement : l'assourdissant silence médiatique.
Néanmoins, comme la répression ne parvient
jamais à faire totalement taire les hommes ( et femmes) qui en sont l'objet,
quelque rumeur d'une persécution arrive à se faire entendre ( à qui fait
l'effort de vraiment tendre l'oreille) et, tiens..., voici que dans le pays de
la "liberté" (depuis 1789 et le raccourcissement des opposants par le
couperet de la guillotine), j'apprends que des êtres humains sont poursuivis en
justice pour avoir écrit et publié quelques lignes qui dévient de la pensée
orthodoxe.
L'une
de ces victimes est le rédacteur du "site" Salon beige, dont j'ai ainsi découvert l'existence. Ce "site" est résolument chrétien –
et même, pour ne rien cacher, catholique militant, ce qui est aujourd'hui d'une
insolente audace --, prône la pratique de la prière pour abolir les maux, réels
ou supposés, de ce monde, ne cache pas son aversion pour le Malin, et émet
quelques critiques, en des termes qui naguère encore eussent paru d'une molle
modération, envers les individus dont la conduite est ouvertement hostiles à sa
foi.
Je
suis l'un de ces mécréants -- partisan
d'une radicale liberté sexuelle (et donc "homosexuelle"), contempteur
de la prétendue morale chrétienne qui, à côté de lieux communs, énonce des
interdits niant toute dignité, toute responsabilité à l'Homme, adversaire de
l'absurdité de tout dogme révélé et de l'existence d'un dieu, nul doute que je
sois pour M. Salon beige, s'il se trouvait qu'il me lût, un suppôt de Sodome et
de Satan, eh bien, qu'il l'écrive ! qu'il ajoute quelques épithétes visant à
nuire à mon honneur et à ma considération,
et me voue aux flammes de l'enfer ! Si violents que puissent être ses propos,
je ne m'en plaindrais pas, car au-dessus de toutes mes convictions est la
conviction qu'une pensée , vraie ou fausse, "bonne" ou
"mauvaise" est la propriété d'un être humain, et que cet être humain
a, de cette propriété, le droit le plus absolu de faire ce qu'il lui plaît – à
commencer par l'exprimer.
Autre
persécuté, le propriétaire (authentique ou présumé...) du "site" Fdesouche, sur qui les mises en examen pleuvent comme ministresse
qui pisse.
Objet
étrange, le "site" Fdesouche
( pour Fariboles de souche ? ) ne
publie que des extraits de presse
qui, dans l'immense majorité des cas, relatent des faits-divers dans lesquels
sont impliqués des individus d'origine étrangère et même, bien souvent,
"non-européenne". Ainsi y apprend-on
que Mamadou a traversé hors des clous, pendant que Mohamed secouait à sa
fenêtre son tapis de prières en couvrant de poussière les passants
(vieux-gaulois) et que Fatima s'est engueulée au marché avec le poissonnier
(breton). Pour le lecteur, il en résulte une impression d'invasion par des éléments allogènes qui,
dans leur totalité, n'ont d'activité que criminelle. Je ne nie pas – au
contraire, je pense que cela n'est pas assez dit—que dans la vaste population
immigrée ne se trouve une foule d'individus qui méritent plus d'être envoyés aux
galères que de recevoir des allocations, mais de tels individus se trouvent
également dans la population indigène et, pour connaître réellement (si l'on
tient à opérer cette différenciation) ce
qui est le fait des membres d'un groupe ou de tel autre, il faudrait que Fdesouche fournît à ses lecteurs la
totalité des faits-divers du jour, quels qu'en soient les protagonistes.
Fdesouche
est donc, par le tri auquel il se livre, d'une grande malhonnêté
intellectuelle—mais si la malhonnêteté intellectuelle n'est pas une vertu, elle
n'est pas non plus un crime, (cf. de nombreux ouvrages impunément publiés) et c'est bien d'une persécution pour ses opinions
que ce site est victime.
Défendre la
liberté d'expression, c'est défendre le droit, pour autrui, de dire des bêtises,
de proférer des insanités ( sans ce droit, M. Président serait au bagne) ,
de clamer des horreurs—le droit pour autrui de dire ce que je déteste, ce qui
me hérisse, ce qui même m'agresse.
C'est aussi
le droit de dire des vérités interdites.
Mais nous
vivons dans un pays où la "liberté d'expression" est octroyée sous réserve , sous réserve de ne rien dire qui égratigne l'idéologie
imposée , rien qui démasque l'imposture des penseurs d'Etat, rien qui mette à
nu la malfaisance des puissants.
Et il
importe peu que l'on approuve ou désapprouve les textes de Salon beige et Fdesouche,
car si ici j'affirme mon soutien à ces "sites" , ce n'est pas pour ce
qu'ils disent, mais pour ce qui leur est fait
-- cette persécution qui chaque jour s'étend et dont demain sera victime
qui aujourd'hui veut l'ignorer.
Bien dit.
RépondreSupprimerEt vous avez eu la gentillesse de ne pas nous ressortir la phrase de Voltaire, ce qui relève de l'exploit.
Mon cher Voltaire n'a jamais écrit cette trop fameuse phrase, qui est d'ailleurs contraire à ce qu'il pensait.
SupprimerMieux, il s'est toujours donné beaucoup de mal pour faire persécuter ses adversaires...
C'est bien ce que j'avais cru comprendre, en effet !
SupprimerLaquelle ?
SupprimerC'est quasi parfait. Ceci étant je trouve votre " sous réserve " un brin candide dans la mesure où dès que l'on sort des clous de la bien pensance, ce n'est plus maintenant à de " la réserve " que nous nous exposons mais bien à la loi !
RépondreSupprimerCe "sous réserve" s'applique à la liberté , et une "liberté sous réserve" (d'une foule d'exceptions) est un leurre.
SupprimerCe commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
RépondreSupprimerJe n'ai absolument pas supprimé ce commentaire.
SupprimerY aurait-il ici un robot-censeur qui épure à mon insu?
Si vous faites travailler votre imagination vous comprendrez...
SupprimerJe voulais simplement vous rappeler votre position à géométrie variable concernant la liberté d'expression. Sans plus.
Ma position sur le sujet est extrêmement claire et n'a jamais varié : la liberté d'expression est absolue, ou elle n'est pas.
RépondreSupprimerMais de même que, éditeur, je refusais de mauvais livres, ici, j'ai un droit un absolu de refuser que soient publiés sur "mon blog" des "commentaires" contraires à mes convictions.
La liberté d'expression ne signifie pas que l'on soit obligé de contribuer à la diffusion des propos que l'on désapprouve...
Mon Dieu !! (eh oui j'ai encore le droit).
RépondreSupprimerVous êtes le rejeton de Thémis et de Pierre Dac !!
Si j'ai bien compris, vous désapprouvez que l'Etat nous octroye une liberté d'expression sous réserve mais vous faites la même chose sur votre blog ?
RépondreSupprimerComme ce sont vos convictions qui vous y poussent, l'Etat ne devrait pas avoir de convictions. Sauf la conviction qu'il ne faut pas avoir de convictions.
Je ne fais pas exprès, je suis un admirateur de Kurt Gödel.
Vous allez objecter que l'Etat et les citoyens ne sont pas au même niveau et je répondrai par le paradoxe de Russell.
Si mes connaissances sont à jour, c'est à ce moment que quelqu'un cite le baron Pierre de Coubertin pour siffler la fin de la récré...
J'ai bon ?