david in winter

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mardi 29 octobre 2013

Révolution ?



   En juillet 1789, à Paris, les troupes, soudoyées par les agents du duc d'Orléans, se joignirent aux émeutiers tandis que le roi refusait d'appeler les régiments fidéles; dans le même temps se tenait une assemblée (les Etats-Généraux) dont, non la majorité, mais certains membres étaient décidés , sans mesurer ni seulement imaginer les conséquences de leurs actes, à bouleverser les structures mêmes de la société.
    En juillet 1830, tandis que se tenait une Assemblée ( la Chambre) dont certains membres étaient décidés à s'emparer du pouvoir par tous les moyens, à une émeute de rue le roi ne sut opposer des forces suffisantes, tout en se refusant à faire venir des régiments  capables de mater le début d'insurrection.
   Plus près de nous, au début de l'an 1958, une foule de policiers manifesta à Paris aux cris de "députés à la Seine " ( plus tard, l'un de ces députés me confia que ses collègues avaient "eu très peur"), de cet évènement, il sembla, dans l'immédiat, ne rien résulter, mais le gouvernement avait compris qu'il ne pourrait pas, en cas de besoin, compter sur "les forces de l'ordre" pour le sauver. Peu après, en mai, à la suite d'une immense manifestation sur le Forum d'Alger qui conduisit à la "prise" de l'immeuble du Gouvernement général, des officiers généraux, soutenus par leurs troupes, se mirent à la tête d'un "comité de salut public" détenteur du pouvoir dans les départements algériens, et bientôt en Corse; dans l'ombre, un ancien chef d'Etat, appuyé par de puissants réseaux de fidèles, se préparait à recueillir les fruits de ce coup d'Etat, et la IVème République disparut.
   Mon propos n'est pas ici de dire les causes premières ( ou la cause première) de ces révolutions, mais de rappeler quels évènements les rendirent possibles, et ces évènements ont toujours eu pour moteur des  forces armées agissant positivement ( émeutiers armés de 1789 et 1830, parachutistes de 1958 ) ou négativement (infidélité des troupes de 1789 et 1830, de la police en 1958 ) pour assurer, volens nolens, la victoire d'ambitieux nichés dans les institutions qu'ils veulent détruire.
   Aujourd'hui, alors que la  grogne des "citoyens" se transforme,  pour des raisons multiples et contradictoires , en un mécontentement que bien des commentateurs affirment être le présage d'une révolte, il  semble que la situation ne soit en rien semblable à celle des années 1789, 1830 et 1958.
   Certes , ne manquent pas les ambitieux avides de se hisser au pouvoir, mais aucun d'entre eux ne prétend y parvenir autrement que par le jeu des institutions, lequel jeu lui demande de patienter jusqu'en l'an 2017, et de se contenter jusqu'alors de n'exister que par des discours.
   Certes, il se peut aussi que demain des manifestants , hier encore dispersés routinièrement sans que les forces de l'ordre leur montrent la moindre sympathie, s'emparent de quelque préfecture – que l'actuel pouvoir, si déconsidéré soit-il, ne trouve aucune troupe pour les en déloger serait une grande surprise.
   Certes, l'actuel locataire locataire de l'Elysée peut s'enorgueillir d'avoir enfin  battu un record, celui de l'impopularité,  mais cette impopularité ne concerne que sa personne et épargne les institutions qui le protègent. Qu'il fasse le gros dos , change quelques ministricules, abolisse ou amende, en signe d'écoute, non par reculade, des mesures mal comprises et des taxes mal expliquées,  qu'enfin il regagne la faveur des medias influents en épousant la plantureuse Leonarda, alors se calmera le vent mauvais et le mécontentement redeviendra modeste grogne, berçant plus qu'interrompant le sommeil présidentiel.
   A moins qu'un colonel de dragons ou de hussards encore inconnu n'estime qu'est venu le temps d'un changement radical, et d'une Restauration.

6 commentaires:

  1. Je serais assez partisan d'une restauration rapide, à condition toutefois que nul ne s'avise de la renommer fast food.

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  2. " A moins qu'un colonel de dragons ou de hussards encore inconnu n'estime qu'est venu le temps d'un changement radical, et d'une Restauration."

    L'histoire réserve parfois des surprises... Qu'il devient facile de prévoir a posteriori.

    Pas plus tard qu'hier, j'ai lu un long article où il était expliqué que loin d'être en progression, les idées "réactionnaires" étaient plutôt en recul (à condition bien entendu de considérer, en bon progressiste, que toute évolution est forcément de gauche). Toutefois, les études sur lesquelles se basait l'auteur et qui se terminaient en 2010 laissaient percevoir une radicalisation de la droite sur certains thèmes et qu'il semblait que ce phénomène aille depuis en s'accentuant sans que l'on puisse dire s'il s'agit d'une tendance passagère ou d'une tendance lourde....

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    1. Wait and see, qui vivra verra, et toutes ces sortes de choses....

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    2. Vous êtes un sage, un Philosophe (la majuscule n'arrive pas là par hasard mais s'inscrit dans votre discours) !

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