david in winter

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lundi 28 juillet 2014

Islam, émeutes et tolérance



 
   Faut-il s'armer? Faut-il fuir?
   A lire certains commentateurs, éditorialistes, blogueurs etc., une guerre civile menace notre beau pays, conflit d'autant plus inquiétant que l'issue annoncée devrait être assez défavorable aux populations de souche.
   Les prémisses de ce déplorable évènement ont été des manifestations durant lesquelles des islamistes (appellation désignant, selon des critères flous, certaines catégories de mahométans) se sont livrés à ces dépradations que les policiers laissent se produire (sous tous les régimes...) pour servir les tortueuses fins électoralistes des politiciens au pouvoir.
   Ces manifestations, d'ailleurs organisées par un parti radicalement athée, ont rassemblé environ cinq mille individus, sur une population mahométane estimée sur notre sol à cinq millions, soit un pour mille de cette masse.
    Je ne prendrai donc pas la peine de nettoyer mon fusil, ni de louer une cabine sur un bateau voguant vers la terre Adélie.
    Incidemment, nous observerons que, dans le vaste monde, la proportion de djihadistes (autre variété de mahométans ayant mauvaise presse) représente une proportion semblable des adorateurs d'Allah, d'où nous pouvons déduire que l'immense majorité de ces hommes (et même femmes, marchant sous cloche à trois pas derrière leurs seigneurs et maîtres  --heureuses mœurs!) est pacifique, et ne songe qu'à vaquer tranquillement à ses petites affaires.
     A l'autre extrêmité du spectre politique, le premier commis vient de proclamer, une nouvelle fois..., que "l'Islam est une religion de tolérance."
    Autre absurdité.
    L'Islam est une religion révélée, qui détient de Dieu lui-même une vérité transcendante, laquelle ne peut accepter de tolérer l'erreur (i-e : les autres religions, et, pis encore, l'athéisme).
    Des considérations politiques et financières ont pu conduire des souverains mahométans à admettre la présence de fidèles d'une autre foi (en échange du paiement d'un impôt...) , c'est là un acte de gouvernement qui n'atténue en rien le caractère nécessairement intolérant de la parole divine.
    Mais qu'est-ce que la tolérance?
    Je ne vais pas commenter à nouveau le trop fameux essai de Locke (ce qu'a fait durant une trentaine d'annnées l'excellent philosophe Raymond Klibansky avec le concours des plus éminents penseurs de son temps...) mais seulement rappeler la définition de mon cher Littré: "condescendance, indulgence pour ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas empêcher".
    Tolérer, c'est, pour les détenteurs de la souveraineté, permettre à certains de leurs sujets (parfois nommés "citoyens") d'agir, ou de se conduire, ou de penser, en dehors des régles qui sont la loi du pays, ou de la communauté, une telle permission est par nature révocable ad libitum et ne peut constituer un droit.
     C'est  le seul vaincu, ou soumis, qui bénéficie de la tolérance, et celle-ci lui accorde la permission de vivre – provisoirement.

    PS. Autre religion révélée, le christianisme ne connaît pas plus la tolérance que l'Islam –relire Bossuet, et les actes du Concile de Trente, et saint Paul, etc..

jeudi 17 juillet 2014

Prison et caricature



Le 14 novembre 1831, le dessinateur satirique Philippon (1800-1862), directeur de La Caricature, que lança Balzac, et du Charivari, comparaissait devant la Cour dAssises de Paris, jugé pour divers délits de presse.
   Face aux juges, Philippon sortit un cahier et effectua quatre croquis –le premier repésentait le roi Louis-Philippe, le second accentuait le visage du même en forme d'un certain fruit, le troisième poussait plus loin ce travail, et le quatrième représentait une poire (royale).
   Peut-on être condamné pour dessiner une poire?
   Philippon eut vite la réponse : deux mille francs d'amende et six mois ferme.
   Nous avons progressé : c'est à cinquante mille euros d'amende et neuf mois ferme qu'un tribunal exotique (mais, paraît-il, français) vient de condamner une jeune femme pour avoir publié des images représentant, mutatis mutandis (et sans grand talent), une semblable évolution d'une princesse républicaine.
    Feuilletons des albums de ce génie du dessin que fut J.J. Grandville,qui était l'ami de Philippon. On y voit des métamorphoses d'homme en animal, des représentations zoomorphes de divers personnages...
   Ce n'est pas aujourd'hui que pourraient être publiées semblables horreurs.

*Merci à Pierre-Robert L. qui m'a, dans un autre contexte, rappelé la poire philiponienne.

vendredi 11 juillet 2014

Enfin, un peu de sagesse



    En l'absence de toute actualité digne du moindre intérêt,  évitons de sombrer dans l'ennui en nous penchant  sur le point et la ligne.
   "Une proposition qui a pour sujet le nom "point" pourra être par soi tandis qu'une proposition dans laquelle il y aura le nom "ligne" ne sera pas par soi, et inversement. De même, tout ce qui se prédique de ce avec quoi il est convertible se vérifie, si on le prend significativement, de l'un des termes avec lequel il est convertible si ce dernier est pris significativement. Pourtant, parfois, l'une de ces propositions est par soi tandis que l'autre ne l'est pas."
     Guillaume d'Ockham ,Traité sur la quantité (traduction de Mme Magali Roques, Paris, 2014).
    Et allons faire un petit tour du côté de l'être et du non-être :
    "(...) il est nécessaire, non seulement, en ayant supposé qu'une chose existe, d'examiner ce qui en résulte, mais aussi de supposer que la même chose n'existe pas. Mais on pourrait sans doute rechercher à juste titre comment il est tout simplement possible que quelque chose résulte de ce qui n'existe pas ; car qu'est-ce qui pourrait bien appartenir à ce qui n'existe pas ?"
    Après avoir examiné cette objection qui, au fond, n'est guère sérieuse, l'excellent Proclus --car c'est lui, on l'aura deviné, l'auteur ici cité--, nous rappelle  ce qu'est le non-être et conclut avec une bonne nouvelle:
    " (...) le non-être qui est dans les intelligibles eux-mêmes la première altérité des êtres (...) n'est pas inférieur à l'être lui-même."
     Proclus, Commentaire sur le Parménide de Platon, (traduction de Mme Concetta Luna et M. Alain Segonds, Paris, 2014).
    Je ne peux que conseiller la lecture de ces deux ouvrages à qui est désireux de voir, grâce à la philosophie,  se dévoiler quelques profonds et bien troublants mystères.

dimanche 6 juillet 2014

Le peuple et les charlatans



        Une femme, pour un motif qu'un sain fonctionnement de son cerveau lui eût fait rejeter, poignarde une autre femme et la tue. C'est là un événement à l'effet tragique pour l'innocente victime, ses proches, ses amis mais qui, comme tout acte irrationnel, ne révèle rigoureusement rien sur l'état de la société, pas plus que ne le ferait la foudre tombant sur un passant.
       Il se trouve que ce crime a été commis dans une école et a frappé une institutrice. L'école est  aujourd'hui un lieu sacré , l'institutrice une personne sacrée, il fallait donc s'attendre à ce que ce double sacrilége déclenchât l'habituel torrent de propos d'une stupidité ahurie, nous n'avons pas été déçus.
     Dans ce flot insane, j'ai relevé cette affirmation  colportée, avec égards et approbation,  par le pathétique quotidien de référence (sic)  et émanant de l'un de ces psychologues qui vivent au crochet de gogos contribuables :
 " Le psychisme humain n'est pas préparé pour assumer cela" [ cela : le spectacle d'un acte de violence].
   S'il en était ansi, il y a fort longtemps que l'espèce humaine eût disparu. 
   Supportant de moins en moins l'agressive crétinerie de l'actuelle société "occidentale", je trouve plaisir et réconfort dans les récits de notre passé, et particulièrement dans les Mémoires que rédigèrent des femmes et des hommes de temps disparus.
   Ce sont des temps où les spectacles d'horreur étaient monnaie courante, l' esprit humain (que le cuistre nomme "psychisme") pouvait les déplorer ou condamner, mais il les acceptait ("assumait").
   Ce sont des temps où, à la sortie des villes se dressait un gibet, les corps des suppliciés y demeuraient jusqu'à ne plus être qu'un squelette que les intempéries disloquaient enfin, des temps où femmes, hommes, enfants se pressaient sur la grand'place pour voir rouer, écarteler ou décapiter quelque criminel, des temps où les soldats tuaient leurs ennemis avec une parfaite bonne conscience, et où la vision d'un cadavre était dans l'ordre de la nature –ce furent des temps qui durérent des millénaires, et dont l'esprit humain s'accomoda fort bien.
  Ce sont aussi des temps où n'existaient pas ces psychologues crapuleux dont le seul "talent" consiste à persuader autrui qu'il a, à la moindre vision sortant de son ordinaire, subi un traumatisme, puis à percevoir des honoraires, ou un salaire, pour guérir le mal que seuls leurs mensonges ont provoqué.
  Que prospérent désormais les parasites marchands de soutien psychologique est une marque éclatante de la veulerie d'un peuple qui les nourrit sans un instant s'interroger sur le bien-fondé de leur charlatanesque activité, et je retourne lire les Oeconomies royales (ou Mémoires) de Maximilien de Béthune, duc de Sully, pair, maréchal de France, grand-maître de l'artillerie, prince souverain d'Enrichemont, etc., pour retrouver des Hommes (et des Femmes, et même des enfants, qui alors n'étaient pas des poupées larmoyantes).

samedi 5 juillet 2014

Fin d'un douloureux suspense



   Tout un peuple retenait son souffle.
   Dans cette belle soirée du vendredi 4 juillet 2014 (Independance Day outre-atlantique) alors que des éclairs zébraient un ciel prêt à déverser des eaux rafraîchissantes... –mais sur qui allaient tomber ces flots? Sur personne!
  Rues, boulevards, avenues, même modestes impasses, étaient vides de tout être humain, car tout être humain était dans sa demeure, modeste chaumière ou palais présidentiel, les yeux fixés  sur l'écran de son smartphone ou les oreilles collées à son transistor... Enfin allait se dénouer le drame qui faisait haleter tant l'humble balayeuse de supermarché que l'arrogant CEO de société du CAC40... la belle, l'érudite, la vaillante Leonarda allait-elle enfin revenir sur cette terre qu'elle avait enrichie de son charme et de son savoir et d'où elle avait été chassée par des méchants issus des heures les plus sombres de notre Histoire?
  Ne languissez plus ô lectrices ô lecteurs : Leonarda revient !!!
  Et avec toute sa tribu !
  C'est son papa (pour parler comme nos bons magistrats) qui lui-même l'a annoncé ce vendredi : provisoirement installé en Croatie avec toute sa nichée, et dûment muni (avec toute sa nichée) de passeports croates donc européens, le fier géniteur se prépare à franchir une frontière qui lui est désormais légalement ouverte et à se réinstaller au pays de Vercingétorix et des Droits de l'homme nomade.
   Il était d'ailleurs temps, car la maman (toujours pour parler en langue judiciaire) est enceinte de huit mois et demi et tient à mettre bas sur notre sol afin que son nouveau petit romanichel (ou petite romanichelle) reçoive de plein droit la nationalité française et les allocations, subventions etc. qui vont avec.
   Bien que privée de toute ressource durant son injuste exil, la famille Leonarda n'a, à regarder ses dernières photos, rien perdu de cette corpulence qui fait honneur aux talents de cuisinière de la maman, elle n'a surtout rien perdu de son héroïque pugnacité comme le prouvent les propos tenus hier par le jovial (et sûr de ses droits) papa, que je cite textuellement, sans rien ôter de leur aimable verdeur :
  --Hollande et Valls, on va leur montrer qui est le chef!
  "Le préfet du Doubs,il va être dans la merde!
   "Maintenant, la France, on va la faire payer!"
   Ainsi vont être punis les méchants et récompensés les bons, dans un rare, et heureux, triomphe de la morale.

    ***Il existait sous la Monarchie un régiment de cravates, déformation de croates car telle était la nationalité de ces soldats, il serait bon (et juste) de le reconstituer et d'en nommer Leonarda colonelle.