david in winter

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jeudi 21 novembre 2019

Une Femme face à la justice des hommes



    Que faire lorsque l'on est pénétrée de la grande justesse des idéaux féministes et que l'on se trouve être malencontreusement mère de trois petits garçons -- c'est-à-dire, je précise, des mâles ?
   Mme Brittany Pilkington , une Américaine domiciliée dans l'Ohio et aujourd'hui âgée de 27 ans, a trouvé à ce pénible dilemme une solution élégante, et radicale.
    En 2014, elle a tué son aîné, vieux de quatre ans, puis, en avril 2015, a fait subir le même sort au puîné, et enfin, en août de la même année, a exterminé le petit dernier, qui n'avait que quelques mois.
   Persuadée d'agir pour le plus grand bien, Mme Pilkington s'était peu souciée de dissimuler avec soin ses vertueuses actions et fut donc arrêtée.
    Interrogée sur ses mobiles, elle répondit avec constance :
    --Je ne voulais pas qu'ils vivent pour plus tard maltraiter des femmes.
    C'est là une raison qui semble mériter l'indulgence de toute adepte d'une éthique responsable et compassionnelle, hélas, les jurés de l'Ohio, sans doute imprégnés de préjugés rétrogrades et nauséabonds, ont avant-hier condamné Mme Pilkington à une peine de trente-sept ans de prison.
    Je ne doute pas que les protestations des Femen , touitteuses Metoo ou Woke et autres guerrières du camp du Bien ne réussissent à faire abolir cette injuste sentence, qui est un outrage à l'essence même de la Femme, cette éternelle victime.

mardi 10 septembre 2019

Une lecture nécessaire pour tout homme de goût




    



    Que lire ce soir près de l'âtre d'où sourd une douce chaleur qui combat victorieusement ce refroidissement climatique tant honni par de vertueuses et scandinaves fillettes ?
   Nous avons pour nous guider dans un choix souvent périlleux cet excellent mentor qu'est la
   Nouvelle bibliothèque d'un homme de goût
   ou Tableau de la Littérature ancienne &  moderne, étrangère & nationale, dans lequel on expose le sujet , & l'on fait connaître l'esprit de tous les Livres qui ont paru dans tous les siècles, sur tous les genres, & dans toutes les langues (etc., je cesse de recopier)
   ouvrage publié sous le voile de l'anonyme à Paris , rue Saint Jacques , au Grand Corneille, en l'an 1762,  en quatre volumes, et qu'il serait bon, tant il est excellent, de rééditer aujourd'hui.
    Il suffirait d'y ajouter un admirable roman qui vient de paraître en cette fin d'été de l'an 2019 qui a pour titre :

         Les Philosophes
       pour sous-titre :
          Moeurs contemporaines , II
        dont l'éditeur est  Les Belles Lettres, qui a 224 pages imprimées de fort lisible manière et s'acquiert pour la très-modeste somme de 19,50 euros (un vrai cadeau!).
        Quant à l'auteur, rejetant l'anonyme, il n'hésite pas à se nommer et est :
        Michel Desgranges
       (Serait-ce moi-même ? Ou un homonyme ? Une érudite postérité en décidera).
         J'avais songé, je l'avoue, à reproduire la couverture de cet aimable chef d'oeuvre, cela demandait diverses manipulations dont je ne me sens guère capable, d'autant que, plus je me tiens éloigné des bêtes bidules informatiques, meilleure est mon humeur.
       Vais-je maintenant , de ce livre, en exposer le sujet ?
        Mais ne serait-ce pas gaspiller mon temps, puisque je suis certain que vous toutes et tous, délicieuses lectrices et bienveillants lecteurs, avez déjà couru vers la librairie voisine pour en faire l'emplette !

dimanche 8 avril 2018

De M. Renaud Camus à Hector Berlioz


   

 Qu'ai-je lu, en cette aube printanière et dominicale ?
  Dans son Journal, M. Renaud Camus confie qu'il vient d'être convoqué, pour ce lundi, à une gendarmerie voisine. Il ne sait pourquoi, mais dans un pays où a été abolie toute liberté d'expression, et où tout propos dissident peut expédier aux galères son auteur, sans doute ses amis doivent-ils se préparer à lui envoyer des oranges.
  Dans Forum opéra, un articulet abject contre Mme Anna Netrebko, coupable d'avoir rappelé certaines vérités contraires aux glapissements des hyènes féministes. Il est insinué que la diva devrait cesser de parler, c'est là le préliminaire d'une future interdiction de chanter.(Forum opéra a été créé par un M. Sylvain Fort qui a délaissé l'art lyrique pour se consacrer à l'écriture des discours de M. Macron).
  Dans L'Incorrect, un excellent article de M. Frédéric Rouvillois sur Charles Maurras, dont un recueil de textes paraît ces jours-ci dans la collection Bouquins.
   Il y a environ un demi-siècle, je m'étonnais auprès d'un homme que j'aimais beaucoup, et qui avait été, durant la guerre, un proche collaborateur de Maurras, que ce dernier n'eût pas fermé L'Action française quand les Allemands envahirent la zone libre, consentant ainsi , lui, si férocement germanophobe, si vigoureusement opposé aux nazis, à  publier son journal sous la botte d'un ennemi qu'il haïssait.
  --Parce que Maurras, me répondit mon ami, ne pouvait imaginer de vivre sans écrire son article quotidien.
  C'est ainsi qu'en cédant à sa graphomanie, Maurras permit que fut jetée aux enfers l'oeuvre de toue sa vie.
   J'ai aussi des lectures plus sérieuses.
   Ainsi, en rez-de-chaussée du Journal des Débats du 26 mai 1844, le feuilleton de l'admirable écrivain que fut mon cher Hector Berlioz, qui, rendant compte d'un concert historique où furent jouées des oeuvres de vieux maîtres (Lully, Rameau, Haendel etc.), écrit à propos des "tristes compositions de Couperin" :
   "Oh! la drôle de musique que celle des clavecinistes du bon vieux temps! Cela tapote, clapote, jabotte; on se demande pourquoi les notes montent, pourquoi elles descendent, ce que signifie tout ce mouvement sans chaleur, cette agitation inanimée; que veut l'auteur? que sent-il? que pense-t-il? Il ne sent rien, il ne pense rien; il veut seulement remplir son papier de notes qui ne s'accordent que pour assommer tout doucement l'auditeur, et le tour est fait.
  "Plus tard, deux cents ans après, viennent des hommes qui se fourrent dans la tête que cela est charmant, admirable, et essaient de le faire croire au public, qui croit, pour un instant, tout ce qu'on veut."
  Comment mieux juger cette vogue, aujourd'hui tyrannique,  du baroque ?

  *Précision en forme de post-scriptum. Lire M. Renaud Camus me divertit grandement, d'autant plus que son grand remplacement me paraît une hallucination assez bêtasse , et que je désapprouve à peu près tout ce qu'il édicte, mais qu'est-ce que défendre la liberté d'expression  si ce n'est défendre les auteurs dont la pensée vous répugne ou déplaît?