david in winter

david in winter

mercredi 20 novembre 2013

Pipi !



     Scandale et abomination dans le hall d'un aéroport parisien.
    A la porte des toilettes se trouve un panonceau ( ou élément de signalétique, en novlangue ) où sont représentées trois silhouettes, l'une mâle, l'autre femelle ( on les distingue par une sorte de trace de vêtement ) , la troisiéme également femelle mais se penchant sur une espèce de paquet, ce qui indique aux personnes averties que cette femelle se livre à l'action de langer un bébé.
   Autrement dit, et ici il faut peser prudemment les mots, ce panonceau sous-entend , et peut-être même affirme, ou pis encore impose, qu'une tâche est réservée à un sexe ( femelle) tout en en dispensant l'autre (mâle ).
   Cette horreur passéiste et réactionnaire n'a pas manqué d'attirer l'attention d'un plumitif du quotidien-vespéral-de-référence qui y a consacré un long article, sous le titre : le panneau qui dérange,  rappelant la nécessaire application du dogme dominant au petit monde des commodités publiques. Ce qui tombe d'autant mieux  qu'hier était, ai-je découvert, la journée mondiale des toilettes, sans doute placée sous le patronage des ONU, unicef, UNESCO, OMS, FMI ( et peut-être même CIA, NSA et FBI pour la judicieuse installation de micros et caméras ), mais sur cette joyeuse célébration, j'ai omis de m'informer plus en détail.
   Revenons à notre mouton sexiste, misogyne et sans doute également homophobe ( car, les deux papas qui viennent d'engendrer un bambin qui a besoin d'être langé, où sont-ils, sur ce panneau ? De cette absence, ne faudrait-il pas dévoiler le barbare non-dit ?).
   Il est possible de distinguer mâle et femelle selon plusieurs niveaux d'analyse , le premier serait trivialement anatomique ( j'ai signalé dans un précédent billet qu'il y a là encore quelques efforts à faire pour que la totalité des humains et humaines parvienne à cette saine  indifférenciation atteinte à ce jour par deux musiciens, Genesis P. Orridge –ex-mâle – et Anna Verney de Sopor Aeternus –presque ex-femelle ), les suivants relèvent de la fonction dans le groupe humain , de la perception du genre par autrui et de sa représentation.
    Simplifions : à des époques reculées, et en cours d'abolition, existait des fonctions spécifiques au mâle et à la femelle,  lesquelles fonctions étaient perçues ce qui entraînait une représentation.
    Ainsi, car il faut en ce domaine tout expliquer et illustrer bien soigneusement, le mâle (pour des raisons purement culturelles, sait-on aujourd'hui ) chassait le mammouth, l'observateur percevait que ce chasseur était mâle, pour ensuite se représenter tout chasseur comme mâle , tandis que la femelle allait faire du shopping dans les grottes voisines , d'où, j'abrège, femelle égale shopping.
    Ces représentations forment ce que l'on nomme stéréotypes, sortes de virus malfaisants contre lesquels politiciens et gens de medias ont entrepris de vacciner leurs contemporains.
    Or, malgré les efforts méritoires des croisés de la théorie du genre, ces stéréotypes subsistent et tout particulièrement , comme nous venons de le voir, aux portes des ouatères ( à la turque ? à l'anglaise ? nous n'osons nous en enquérir, en raison des présupposés ethniques de ces appellations).
    Je crains que les partisans de l'égalité et de la parité n'aient ici confondus la cause et l'effet.
   Car pourquoi existe-t-il de tels panneaux discriminants ? De toute évidence, parce qu'il existe d'une part des toilettes pour femelles et d'autre part des toilettes pour mâles et que dans la mesure où existent deux objets différents on ne peut que les indiquer différemment, car les signaler identiquement entraînerait une confusion dont le résultat serait l'impossibilité de distinguer entre toilettes mâles et toilettes femelles.
    La solution apparaît alors en toute clarté, elle est le remplacement de ces toilettes d'un autre âge par des toilettes tout court où se rencontreraient mâles et femelles, ce qui aurait en plus l'avantage de renforcer le lien social et le vivre-ensemble.
    A ceux qui s'inquiéteraient que subsistent d'anciennes habitudes contraires à cette cohabitation, répondons que le changement est en cours – dans une nation de descendants de Vikings, les instituteurs sont désormais chargés d'apprendre aux petits garçons à faire pipi accroupis.
    Espérons qu'il ne se trouvera pas d'institutrices pour enseigner aux petites filles à pisser debout, introduisant alors une nouvelle et inversée différenciation à laquelle je n'imagine pas de remède.

17 commentaires:

  1. Votre narration va faire mâle : le quotidien crépusculaire n'a qu'à bien se tenir. J'espère qu'on pourra changer son Google baby fabriqué en Inde en petite tenue métro-sexuelle un beau jour. Ou faire sa toilette entre deux monologues du vagin de l'être trans-humain à venir. Il ne nous reste qu'à tirer la chasse d'Aum et prendre nos jambes à notre cou, en attendant de désintégrer les genres féminin et masculin. Ou bien faire le mur... Ray !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Philippe avait écrit un texte fort drôle à propos de feue dame Savigneau qu'un "bouchon d'autoroute" avait obligé d'aller faire pipi au bord de cette autoroute, ce dont elle s'était longuement plainte dans le quotidien étoile du soir.

      Supprimer
  2. Votre suggestion (fort sensée) a déjà fait l'objet d'une application, télévisuelle certes : dans la série Ally McBeal les toilettes au sein du cabinet d'avocat sont mixtes.
    Mais il est vrai que cette série se voulait comique...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas allé au-delà de la saison 3 , mais aimais bien la petite Ally.

      Supprimer
  3. En écrivant le commentaire précédent je me suis rappelé qu'au sein de certains Kibboutz les toilettes et les douches étaient mixtes pour les enfants, de manière à ce que ceux-ci soient éduqués sans stéréotypes sexistes.
    Les résultats n'ont pas été tout à fait à la hauteur des attentes.

    RépondreSupprimer
  4. Y eut-il autrefois des chaises percées mixtes ?

    RépondreSupprimer
  5. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  6. Le saviez-vous mais il existe déjà, en Norvège, dans certaines écoles des toilettes non genrées telles que celle que vous évoquez ; en sus des toilettes homme et des toilettes femmes. Un débat a lieu en ce moment, toujours chez ces novateurs norvégiens, pour savoir s'il ne faut pas étendre le système avec les vestiaires, là où les élèves vont se changer avant d'aller en gym.
    Ces toilettes et futurs vestiaires non genrées permettraient aussi aux jeunes transexuel(le)s de se sentir plus à leur aise ( si, si)

    RépondreSupprimer
  7. Pour changer de couches calottes le Google baby transhumant à venir je propose aussi de supprimer le genre du mot porte et celui d'aéroport qui portent à confusion et donc à discrimination non positive. Cela fera plaisir au Monde et ce sera une réponse du Bergé à la bergère. On pourrait aussi échanger les bébés de père porteur comme une bonne action en bourse et ce sera une rentrée en grâce. Comme dit Léon Bloy bientôt interdit par le ministère de la pensée inique, il est temps que les hommes-femmes se consacrent aux affaires.

    RépondreSupprimer
  8. Si je peux me permettre, je me dois de vous rappeler que nous vivons une époque formidable !
    D’autre part, il semble vous avoir échappé que, de plus en plus de nos concitoyens portent djellaba.
    Pour avoir assisté à des scènes hilarantes en salle d’embarquement de l’aéroport d’Oujda, je peux vous confirmer que ce genre, si j’ose dire, de signalétique pose problème. Quelle joie immense de voir le Sidi Ben Bean local avancer, reculer, regarder les panneaux, se gratter la tête au lieu de son entrejambes à son habitude pour finalement, dans une sagesse digne de celle de son prophète, choisir les toilettes pour handicapés !
    Cette sorte de trace de vêtement porte à confusion. CQFD

    RépondreSupprimer
  9. Aperçu sur Contrepoints ce jour...l'armée norvégienne aura des repas végétariens un jour par semaine pour "réduire son empreinte carbone".
    Soupir. Gros soupir.

    Popeye

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Faut croire que les norvégiens n'ont pas connaissance de l'empreinte carbone des yachts qui croisent dans le golf de St Tropez pas plus que des jets privés qui se posent aux abords de la promenade des Anglais.
      Qu'ils bouffent léger si ça leur chante.
      Sont gentils ces nordiques.

      Supprimer
  10. Obligeons les humains à porter des pénis amovibles!

    RépondreSupprimer
  11. faire pipi au lit se dira au féminin faire pipi au litre...
    Relisons de Maistre avant qu'on ne l'interdise.
    Michel répondez-moi c'est Nicolas, je change bientôt de plat net (au masculin) pour fuir la sangsue, pardon la censure...

    RépondreSupprimer
  12. Une silhouette d'allure féminine penchée sur un truc évoquant un paquet pourrait faire penser à.......
    Une dame qui range son sac à main, toujours en bordel
    Une levrette pas réussie, le paquet suggérant le résultat de la déchéance de la perruque
    Une ménagère épluchant des légumes
    Toutes ces hypothèses sont de nature à contrarier les intelligences féministes qui prétendent nous refaçonner, et c'est très bien ainsi..... comme le chantait Zaz il y a pas si longtemps"faire de la peine à jean marie",sauf que ça devient"faire de la peine à caroline"

    RépondreSupprimer
  13. Le cher Hérodote, dans un passage de ses Histoires, note avec surprise que chez un peuple dont il décrit les moeurs les hommes pissent accroupis et les femmes debout. Avec le même étonnement je surpris jadis une camarade de mon fils, âgée d'une douzaine d'années, lui montrer qu'elle pissait comme un homme et aussi drument et loin! Hérodote et moi, ce sont les temps anciens. Je suggère donc meshuy que les toilettes "femmes" proposent aussi des pissotières et que les pédagogues nordiques enseignent aux enfants neutres à pisser comme ils veulent soit debout soit accroupis.

    RépondreSupprimer