david in winter

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dimanche 24 novembre 2013

La fiction sous le joug de la propagande



    Le CSA ( ou Conseil supérieur de l'audiovisuel ) est une agence de M. Etat , aux effectifs plantureux,  chargée de censurer, contrôler et gauchir toutes les émissions que diffusent les stations de radio et télévision, qu'elles soient ( approximativement ) privées ou appartiennent en propre à M. Etat. 
   Les laquais médiatiques nomment sages (substantif ) les dirigeants de cette police de la pensée, sans doute parce que ces individus ont la sagesse de faire scrupuleusement ce qui plaît à leur maître et dispensateur de privilège, largesses et prébendes.
    Un naïf aurait pu penser que l'existence même d'une telle agence, qui décide de tout contenu autorisé à être diffusé par les radios et télévisions, c'est-à-dire par les medias dont l'influence domine sans partage sur la manière dont la masse du peuple perçoit et se représente la société et le monde,  eût provoqué les protestations indignées de quiconque se considére comme artiste ou  intellectuel, ou , plus simplement, professe le moindre attachement envers la liberté d'expression et une légère méfiance envers la propagande étatique, il n'en a rien été. Au contraire, les artistes et intellectuels  -- du moins ceux qui sont officiellement reconnus, les rares dissidents étant rejetés dans les ténèbres extérieures -- se plaisent à rechercher les faveurs du CSA et de ses pseudopodes, comme de tout agent de M. Etat.
   Faut-il rappeler qu'il n'y a aucune commune mesure entre le poids de l'audiovisuel , qui agit sur les esprits de l'immense majorité des citoyens-électeurs, et celui de l'écrit , qui ne touche qu'une petite minorité ( certes, une élite, mais électoralement insignifiante – quant à internet et aux réseaux sociaux, leur importance est joyeusement surestimée ) ?
    Faut-il aussi rappeler que ce qui modèle ( formate ) le plus les conduites de nos contemporains , ce sont, non les débats, mais les œuvres de fiction (reality shows inclus ) qui, insidieusement, imposent l' image exemplaire  de ce que doivent être hommes, femmes et enfants d'aujourd'hui ?
   Ne nous étonnons donc pas que les sbires du CSA, dont les moyens financiers, puisés dans les poches du contribuable, sont inépuisables, aient fait réaliser, et viennent de publier, non pas une mais deux études sur les représentativité et représentation des femmes dans l'audiovisuel.
   Ces études, hommages au dieu Parité, succèdent à de précédentes études consacrées  à représentation et représentativité des divers ( classés selon la couleur de leur peau ), des zhandicapés ( on compta les apparitions à l'écran de fauteuils roulants et cannes d'aveugle), et, bien sûr, de multiples minorités sexuelles et agissantes ( tout cela mis en place par le précédent Président, dont la malfaisance en ce domaine fut prodigieuse ).
    Comme l'on pouvait s'y attendre, car le but de ces études est , toujours, de dénoncer la survivance de stéréoytypes et autres bêtes nuisibles,  il apparaît que les femelles sont sous-montrées à l'écran , et encore moins présentes derrière les caméras.
    Voici des chiffres : dans les fictions françaises, on ne trouve que 48% de personnages féminins, et, abomination!, seulement 38% dans les fictions américaines ( les Etats-Unis sont pourtant , historiquement et actuellement, le pays le plus féministe de toute la planète).
    "Cela nous interpelle", a fortement commenté la "sage" qui préside le groupe de travail  droits des femmes de l'agence,  en ajoutant : "il y a des progrés à faire."
    Que ce soit pour un roman ou un scénario, la création littéraire n'a pour maître que la volonté de l'auteur ( ou de l'auteuse)  de traiter telle ou telle intrigue, de faire naître tel ou tel personnage;  cette volonté est, et doit être, libre, et cependant elle se plie à une nécessité , qui exige que les personnages aient un certain caractère et une certaine identité  (qui peut être marquée par le sexe, la profession, certains goûts, etc. ) cohérents avec la nature du récit,  c'est ainsi, et ainsi seulement qu'ils peuvent être crédibles. Et quelle absurdité que de vouloir que ces personnages soient façonnés selon des diktats politiques!
   Est-il aussi besoin de préciser que le nombre  -- ce nombre que seul voient les censeurs—de tels personnages de tel sexe présents dans une œuvre n'a aucune signification ? Et que seules  comptent la force, la profondeur, la puissance évocatrice d'un personnage ? ( exemple pour aider les sages à comprendre : une seule femme, mais prééminente , au milieu d'une foule de mâles peut suffire à faire d'un quelconque récit une oeuvre féministe).
   Mais qu'importent ces vieilles lunes !
   Sous l'impulsion autoritaire des argousins du CSA, des progrés seront faits , et les vertueux agents de M. Etat distribueront à tout auteur des quotas de personnages , noirs, femelles, cul-de-jatte et autres stropiats, qui devront entrer au forceps dans films et séries (demain... dans tout roman? ), pour que la fiction précède, annonce et dicte correctement  la radieuse réalité à construire.

4 commentaires:

  1. Tenez, à propos de votre auteuse, j'ai trouvé hier, sur le blog d'une féministe démente, le mot autrice ; employé le plus sérieusement du monde, est-il besoin de le dire ?

    (C'est la même qui dit d'un homme, d'une femme ou d'une idée qu'elles sont couilles, parce que l'emploi de connes lui semble scandaleusement discriminatoires envers ses sœurs de combat…)

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  2. Si ces censeurs avaient existé, bien des romans ou des films n’auraient pas été publiés ou tournés et certains auteurs emprisonnés.

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  3. Sauf à prendre quelques libertés avec la réalité, un film montrant la vie dans les tranchées de la Grande Guerre ou se passant dans une prison d'hommes aura bien du mal à respecter les quotas.

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