david in winter

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samedi 22 mars 2014

Municipale : dans le secret des Dieux



   Nos concitoyens, et même concitoyennes, se sont détournés de leurs préoccupations habituelles (allumer leur smartphone, tapoter, éteindre le smartphone, recharger le smartphone) pour consacrer toutes leurs facultés d'attention sur un évènement qui allie la grandeur tragique des loteries à l'intensité d'un supense haletant : l' élection municipale qui doit se dérouler en un certain village.
    L'affaire est d'importance puisqu'une chaîne de télévision à la fois étatique et régionale a dépêché  un envoyé spécial afin d'interviewer certains candidats à l'édilité (car il y a plusieurs listes en présence, et en concurrence, –trois, pour être exact --), et des propos recueillis il fut fait une émission d'une durée d'une dizaine de secondes,  qui fut diffusée sur les ondes cantonales.
    Un concours de circonstances, un peu de curiosité et d'ambition sénile ont fait que, en échange de promesses que je tairai,  je figure parmi ces candidats.
    La première conséquence de cette soif de pouvoir a été ma désignation comme assesseur  pour siéger (du ? parmi? dans? ) au bureau de vote lors du scrutin, ce qui m'a conduit à faire un petit calcul.
    Ce bureau sera ouvert pendant dix heures (six cents minutes) et, selon les derniers sondages, il  se présentera devant les urnes une centaine d'électeurs ( et –trices), soit apparition d'un être humain toutes les six minutes ou, si certains viennent voter en couple, d'abord foule de deux personnes, puis onze minutes de désert. Il est possible d'imaginer d'autres combinaisons, mais il semble certain que les moments de solitude ne seront pas en quantité négligeable.
    Je reconnais que ces considérations ( qui me font craindre, les murs de la mairie étant dépourvus de ces fresques historiques ou mythologiques excitant l'imagination et le sens critique, d'être la proie d'un vague ennui)  ne sont pas d'intérêt national, seul l'est le résultat du scrutin, que les meilleurs politologues annoncent très disputé.
    J'allais m'apprêter cependant à dévoiler des tendances, et peut-être émettre un pronostic, car j'ai recueilli des informations quasi-privilégiées, lorsque j'appris qu'une loi interdit de telles révélations à la veille du vote.
     Je m'y soumets et, chers lecteurs, chères lectrices, il vous faudra attendre demain soir pour qu'apparaisse sur l'écran d'un appareil connecté le verdict que tout un pays attend, entre crainte et espérance.

5 commentaires:

  1. Je ne sais pas si c'est légal, mais je vous souhaite d'être élu (à moins, bien entendu que vous n'ayez le désir de ne point l'être) dès le premier tour : ça vous éviterait de longues heures d'ennui...

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  2. Vi, vi, vi, il y a des lois ! Et nos amis de gauche trouvent très bien qu'il y en ait, et même ils en voudraient d'avantage (et ils les obtiendront), parce que plus il y a de lois et plus la liberté est garantie.

    Ça va de soi.

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  3. Mais quelle commune saine de corps et d'esprit peut envisager d'élire un amoureux des lettres ? Quelle est cette commune exceptionnelle ?

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  4. Nous piaffons d'impatience!

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  5. Entretenons le suspense...
    Mais bientôt, premiers résultats, et commentaires.

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