david in winter

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dimanche 30 mars 2014

Jour du jugement



    Heures d'angoisse...
   Vais-je voir ce soir s'ouvrir devant moi le chemin de la gloire et des palais nationaux où, sous le petit œil d'une caméra-espionne posée par de très-vertueux journalistes d'investigation,  un champagne millésimé répand ses flots vaporeux sur les corps dénudés de lascives minitresses? Ou bien, devrai-je m'en retourner, queue et oreilles basses, dans ma triste masure que nimbe chichement le soleil noir d'une mélancolie que n'immortalisera nul Dürer ?
    Cruelle incertitude du sport... Heureusement, la lecture console, selon la belle formule que n'a pas écrite feu Jules Lemaître (comme vient de le rappeler opportunément M. Didier Goux), et hier je reçus deux livres – Firing the steam locomotive, qui est le manuel d'instructions distribué en 1947 par le réseau américain Reading Lines aux chauffeurs de ses machines à vapeur, et Perfecting the american steam locomotive de M. J. Parker Lamb (Indiana University Press, 2003), dont le titre dit le propos.
   Ce sont là des ouvrages que je vais pouvoir, afin de calmer mes nerfs agités, lire paisiblement, car nulle nécessité ne m'ordonne d'en atteindre vite les dernières pages, quel que soit le verdict des urnes, il est peu probable que je doive, dans les prochaines heures, surveiller l'égale arrivée dans le foyer d'une locomotive de morceaux de charbon qu'une vis sans fin apporte du tender, ni remettre à une compagnie ferroviaire un rapport sur une nouvelle méthode pour accroître la force de traction sans augmenter la consommation de combustible...
    Lisons, écoutons mon cœur battre à un pas de sénateur, carpe diem... , mais, quand viendra le temps du dépouillement, quel vacarme résonnera dans ma poitrine politicienne!

7 commentaires:

  1. Courage, Michel ! Souhaitons que ce soir la gloire vienne justement couronner vos mérites et vos efforts insignes !

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  2. Je n'aimerais pas être à votre place : vraiment trop d'angoisse…

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  3. Pour un peu, on choperait les pétoches à votre place ! mais don't worry, ça va le faire !

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  4. Je médite sur la solitude du gardien de but au moment du penalty...

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    1. Et sur celle du coureur de fond?

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  5. Un bizou pour vous consoler !

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