david in winter

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samedi 1 février 2014

Idéologie du genre



   Une polèmique sur la "théorie du genre" a permis aux gens de medias, toujours bien informés, de découvrir, avec quelques décennies de retard, l'existence des gender studies.
   Ces gender studies sont nées dans le bouillonnement intellectuel, ou pseudo-intellectuel, de la fin des années 1960 et, se présentant comme une énonciation philosophique de la revendication féministe  (ou néo-féministe), elles ont été vite accueillies, avec la linguistique absconse et le déconstructionnisme primesautier, au sein des universités les plus prestigieuses (celles de la Ivy League et Berkeley aux Etats-Unis, Oxford et Cambridge en Angleterre), suivies  plus ou moins rapidement par les établissements de deuxième, puis de troisième ordre, parfois moins prompts à vouloir ne pas rater le coche de la post-modernité.
   Reconnues comme dicipline universitaire, ces études ont offert un très grand nombre de postes à des candidats professeurs qui y ont ainsi trouvé le moyen d'assurer leur subsistance quotidienne tout en se promenant de colloques en séminaires et en dispensant, hélas..., un peu d'enseignement. Notons que l'augmentation exponentielle du nombre d'étudiants durant les dernières décennies entraîne mécaniquement une augmentation semblable du nombre de places, dont les titulaires sont recrutés sans véritable sélection – une bonne mémoire, un peu d'application et d'arrivisme suffisent pour que des individus d'intelligence médiocre et dépourvus de vrais connaissances se parent du titre flatteur (pour le grand public ignorant de ces choses) d' universitaire.
  Comme la régle fondamentale pour survivre, et améliorer ses revenus, est en ce milieu le fameux publish or perish , ce sont des millions de pages relevant des gender studies qui fleurissent chaque année– regardez les catalogues des grandes presses universitaires (Harvard, Yale, Oxford etc.), le domaine ainsi intitulé s'y enrichit à jet continu de nouveaux ouvrages.
    Dont certains auteurs parviennent à devenir des vedettes médiatiques, par un habile cheminement.
   L'une des grandes prêtresses de la chose est Mme Judith Butler, féconde auteuse d'ouvrages écrits en un surprenant charabia (et des collègues lui ont justement attribué le Prix du charabia) dont la diffusion semblait confinée à un cercle restreint (academic). Mais Mme Butler a publiquement pris position en faveur de diverses causes de l'ultra-gauche altermondialiste (antisionisme, contre la finance et Wall street, etc.), déclarations chaleureusement relayées, en raison de sa position universitaire, par les gazettes de la gauche sentencieuse (New-York Times, The Guardian, Washington Post , etc.), lui offrant ainsi notoriété puis célébrité.
  Résumons : l'autorité , fondée sur un statut professionnel et une œuvre dont on s'abstient de regarder le très éventuel bien-fondé, permet d'acquérir , par un discours en d'autres domaines où l'on ne peut se prévaloir de la moindre compétence, une notoriété qui rejaillit sur l'autorité antérieure, laquelle, ainsi augmentée, permet d'accéder à la célébrité (et ainsi de suite), c'est ce que les économistes nomment un cercle vertueux. (Un exemple plus ancien est celui de M. Michel Foucault dont la gloire doit plus à son activisme politique qu'à son Histoire de la folie à l'âge classique, il y en a d'autres).
  Ainsi, il existe aujourd'hui (en Occident , pas dans les pays musulmans ni en Chine...) des dizaines de milliers d'universitaires (academics) qui prêchent les gender studies et ont publié des millions et millions de pages (dans ce fatras, il doit même être possible de trouver des phrases sensées, ou intelligentes).
   Et que dit cette dicipline ?
   Elle se fonde essentiellement sur cet axiome de l'éxécrable écrivaine que fut Mme Simone de Beauvoir :"On ne naît pas femme, on le devient" , enjolivé par un vocabulaire emprunté à Jacques Derrida ou Paul de Man, avec des pincées de Freud et Lacan, et de petites touches de Foucault ou Chomsky. Elle s'exprime donc en un pesant jargon, qui l'eût réservée aux initiès (ou collègues), si le processus utilisé par Mme Judith Butler ( et d'autres consoeurs) ne lui eût permis de se faire connaître dans le monde extérieur, et a entrepris de remplacer, dans toutes les branches du savoir humain, le sexe (connu en sciences naturelles, ou en biologie) par le genre, emprunté à la grammaire.
   Puisque fondées sur un axiome qui, contraire à ce que dit la nature, ne peut être démontré mais seulement affirmé par le discours, les gender studies  sont , plus qu'une théorie car elles ne relèvent pas de la science, une idéologie productrice de bavardages doctrinaires jargonnants et qui, comme toute idéologie, a des fins normatives  -- modeler l'être humain et la société conformément à ses présupposés.
   Ce sont quelques thémes simplifiés de cette idéologie  qui vont maintenant, par la volonté du Président, être obligatoirement enseignés, sous forme de slogans, aux petits enfants.

5 commentaires:

  1. Un axiome ne peut pas être démontré par définition.

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    1. mais je ne suis pas un philosophe post-moderne...

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  2. Je ne vois pas pourquoi les petits n'enfants seraient privés d'aussi scintillantes lumières !

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  3. Bonjour
    À quand un joli petit billet sur le Sionisme, la finance et Wall Street ?

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  4. Très intéressant éclairage de l'historique de la théorie du genre.

    Afin d'illustrer ces expériences menées dans les années soixante, le Figaro a publié avant-hier un article au sujet d'une d'entre-elle qui fut un cuisant échec menant à un double drame : Théorie du genre : comment la première expérimentation a mal tourné

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