david in winter

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jeudi 20 février 2014

Sur M. Renaud Camus : soutien toujours, et clarification



   L'accusation lancée contre M. Renaud Camus est si dérisoire qu'il pourrait en être disculpé, et en l'affaire il n'aurait perdu que de l'argent, pour lui une denrée rare, et du temps, volé à son œuvre.
   Il aura ainsi subi un tort, injuste mais réel, qui eût dû susciter les protestations des hommes et des femmes que leur état doît y rendre les plus sensibles , ces hommes et femmes qui écrivent ou le prétendent, et savent, pour les vivre, combien sont précieux, et doivent être préservés, ces moments de grâce où l'on ordonne les mots que nous souffle notre pensée. Ils se sont tus, il est vrai que, déjà, dans un hallali semblable, s'ils s'étaient précipités vers M. Camus, ce n'était pas pour le protéger de leurs phrases et de leurs signatures, mais pour se joindre à la curée, et le déchirer.
   Face à la meute lâche et servile, je réitére mon soutien à M. Renaud Camus, cela dit et sans restriction, voici ce qui m'en sépare, et ce que je rejette.
   M. Renaud Camus est parti en guerre contre une volonté de grand remplacement qui l'obséde jusqu'à la manie, et qui l'obséde d'autant plus qu' il ne peut la véritablement saisir, parce qu'elle n'existe pas.
   Elle n'existe pas car, de volonté, les hommes qui nous gouvernent n'en possédent pas, ils ne sont qu'arrivisme et clientélisme, et n'ont que cette force brutale fournie par un pouvoir dont ils sont indignes, force qui frappe selon ce qu'ils croient être les désirs de la masse et n'est que slogans d'idéologues imbéciles, force qui peut abattre, détruire, mais incapable de construire – et le grand remplacement serait une construction.
     Ce qui est ( je ne redirai pas les perversions de l'Etat-providence octroyant ses subsides à tout-venant de loin, ni les réalités démographiques, ni l'inique bienveillance envers certaines catégories de malfaiteurs...), c'est que des hommes et des femmes allogènes sont aujourd'hui installés sur le sol de l'ancienne Gaule, installés avec leurs coutumes,  mœurs, croyances étrangères à nos mœurs, coutumes, croyances, et qu'ils les conservent, et même les renforcent, sans s'assimiler ni s'intégrer.
   Pourquoi le leur reprocher?
   A quoi pourraient-ils  s'assimiler ou s'intégrer ? A quelle civilisation qui se montrerait supérieure à leur propre passé, quel qu'il fût ?
   Du Président au dernier des députés, des professeurs aux intellectuels, toutes nos élites s'acharnent à nier qu'il y eut une civilisation française et européenne, à en occulter ou insulter la grandeur, à ne montrer, dans notre histoire, qu'une suite de crimes et de lâchetés, tout en exaltant ce qui fut ailleurs (ou est fantasmé).
   Sur ces fondations détruites, rien n'a été édifié, ne subsistent que des caricatures fétides de langage, d'art ou d'institutions, le mouvement de l'humanité veut, ou du moins veux-je le croire, qu'un jour se recrée une langue, des arts etc. : une civilisation --  peut-être sera-ce le fait de peuples venus d'ailleurs, d'immigrés, si cela doît être cela prendra du temps, nous ne le verrons pas.
   Ce que dénonce si ardemment aujourd'hui M. Renaud Camus n'est qu'un effet, bien que la cause, il l'ait vue, et fort bien, et même exposée dans ses écrits (sur la langue massacrée, le paysage déchu ou le patronyme négligé), c'est là la place de l'écrivain, dont nous attendons des leçons de civilisation.
   Car à se confronter à l'écume du moment – la politique quotidienne, les impressions provoquées par le journal ou la télévision, tout ce qui n'est que reflet de l'instant et cache les réalités profondes, durables – l'écrivain se perd, et déchoit.
   Descendus des hauteurs où les plaçait leur génie pour combattre dans l'aréne de la politique, Maurice Barrès et Charles Maurras se figérent, pour confondre des adversaires qui ne se rendaient pas, dans le dogme et le systéme, ils cessèrent de voir ce qu'ils avaient jadis si justement vu et, pourfendant des ennemis qui n'étaient que les boucs émissaires de leurs erreurs, publièrent, même quand leur style se maintenait, des absurdités et insanités qui souillent leur mémoire, et engloutissent leur gloire.

7 commentaires:

  1. Votre diagnostic sur l'état de notre nation est pertinent, hélas.
    Le sapement de notre culture - soit nos langue, façon de vivre, de penser, de manger, d'être... - est en marche depuis belle lurette. La notion même de patrie, et donc d'état, est dans le collimateur des Anglo-Saxons, qui ne veulent voir dans le ROW (Rest Of the World) qu'une base de consommateurs de McDo-CocaCola-Films et série Hollywoodiens, F35 et j'en passe...
    La notion même de culture est antinomique des USA. Qui ne voit dans les nations ,conservant encore peu ou prou de leurs racines, que des ennemis à abattre. Telles la France ou la Russie. Il suffit de voir comme nous sommes manipulés sur ce qui se passe en Ukraine. Comme nous l'avons été au Kosovo et en Serbie.

    Et ceci, avec l'aide de nos élites (?) qui collaborent comme jamais. Ci-dessous, l'adresse permettant de voir la liste des Young Leaders... dont le président de la république...

    Sans commentaire.

    http://data8.blog.de/media/807/7112807_5fb9842204_d.pdf

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    1. "La notion même de culture est antinomique des USA."

      Les USA ne comptent aucun musée, bibliothèque, opéra ou université dignes de ce nom, c'est bien connu ! Chacun a le droit d'écrire n'importe quoi, certes, mais on pourrait tout de même se fixer quelques limites !

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  2. Donc si je comprends bien M. Camus n'aurait jamais du s'aventurer en politique mais se borner à rester un écrivain de talent.
    Pourtant l'histoire de France est pleine de ces écrivains, et pas seulement à droite, qui furent aussi d'excellents politiciens.
    Non ?

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    1. Si.
      Victor Hugo par exemple.

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    2. Excellent exemple d'un homme qui n'a rien accompli de notable en politique...

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  3. Votre dernier paragraphe est juste sublime.
    Mais que je sache M. Camus n'est point Barres ou Maurras.
    Et leur gloire engloutie ne donne pas tort à ces derniers.
    Pas plus qu'à M. Camus.

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