david in winter

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mardi 28 janvier 2014

Emploi et pacte de marchandage



   "Il pleut des vérités premières,
    Tendez vos rouges tabliers".
     Petit rappel de réalités, relevant de l'évidence, au sujet de la création d'emplois.
     Il existe deux raisons pour qu'un entrepreneur crée des emplois nouveaux.
     Soit il constate que la demande pour ses produits dépasse sa production –il peut donc envisager d'accroître cette dernière -- , soit il invente de nouveaux produits, qui ne se substituent pas à d'anciens, et demandent de nouveaux moyens de production.
   Dans ces deux cas, l'entrepreneur prend un petit papier, et trace deux colonnes, l'une, recettes, sera remplie par des espérances de ventes, l'autre, coûts, contiendra des certitudes de dépenses.
   Il va de soi que l'entrepreneur ne se lancera dans cette aventure –une activité dont l'issue peut aussi bien être néfaste que faste—que s'il a estimé que le solde recettes/coûts a quelques chances d'être positif (bénéficiaire).
   Les dépenses nouvelles se composent de salaires, et d'un certain nombre d'investissements (locaux, machines, etc.).
   Une baisse du coût des salaires améliore évidemment la rentabilité espérée, mais elle n'est d'aucune façon une condition suffisante pour que l'entrepreneur décide d'accroître sa production. Comme il va d'abord dépenser (en salaires, locaux, etc.) avant d'encaisser (c'est la nature de l'investissement...), il faut qu'il ait les moyens de financer cet investissement, sur ses fonds propres ou par l'emprunt. S'il n'a pas ces moyens, l'entrepreneur ne se lancera pas dans une production nouvelle ou accrue, quel que soit le coût du salaire qui n'est, il semble qu'il faille le rappeler, que l'un des éléments du poste dépenses.
    Autre évidence : l'entrepreneur n'a aucune certitude du succés de sa nouvelle (ou accrue) activité, il ne peut qu'estimer que les probabilités de réussite sont assez grandes pour qu'il en prenne le risque.
  Il est conscient que, en dépit de toute sa nécessaire prudence, l'affaire nouvelle peut être un échec, il faut donc qu'il soit assuré de pouvoir faire marche arrière et  licencier un personnel devenu improductif  --toutes entraves mises par M. Etat aux licenciements , ou mesures qui en rendent le coût insupportable, augmentent le risque, et donc diminuent la possibilité de réalisation.
   Si l'on regarde maintenant le poste recettes, faut-il redire qu'il n'est fondé que sur une confiance dans l'avenir? Et que cette confiance ne peut être imposée par des décisions autoritaires?
   Il est probable qu'un certain nombre de dirigeants de ces sociétés qui relèvent plus du "capitalisme de connivence" que de la libre entreprise entreront dans le pacte de marchandage imaginé par le Président et créeront des emplois hors toute nécessité, il sera amusant d'observer ce qu'il en restera dans quelques années.
   La création d'emplois repose sur un ensemble de facteurs, chacun est nécessaire, et en isoler un pour feindre de croire qu'il est suffisant ne peut rien résoudre.

6 commentaires:

  1. On ne saurait mieux dire. J'attends de voir combien d'emplois seront créés en échange de baisse des charges et combien seront vraiment utiles à un accroissement de la production.

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  2. Le pacte de responsabilité c'est un peu "prend l'oseille et tire toi".
    Ça rappelle un peu la saga de la TVA réduite pour les limonadiers. Avant cette baisse on pouvait voir sur le comptoir de certains troquets, à côté du sucrier: TVA à (à combien était-elle déjà ?), ici c'est l'Etat qui se sucre.
    Contre promesse d'embauches, de baisse du petit noir et du menu du jour, il finirent par l'obtenir cette fichue TVA à taux réduit.
    Mais d'embauches il n'y eu point.
    Et le petit noir resta bloqué à un euro vingt.

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  3. Tiens.... Il y a un "s" qui s'est fait la malle.
    Prends l'oseille.

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  4. On ne peut qu’acquiescer. On ne voit vraiment pas comment des baisses de charges compensées par une augmentation du nombre de salariés pourrait améliorer la compétitivité des entreprises.

    Même sans contrepartie et accompagnée d'une simplification drastique du code du travail, toute baisse de charge ne pourra relancer l'emploi qu'au bout de quelques années. Nos gouvernant ne voient pas si loin (si tant est qu'ils aient une vision quelconque).

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  5. Quand je vous lis J-E, il m'arrive parfois des poussées de mélanchonnite.

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  6. Si on fait le total des hausses de charges et de la fiscalité, qu'on en retranche le CICE et les allégements annoncés au-delà ( attention : il semble que les chiffres bruts annoncés comprennent le CICE), on reste sur une hausse des charges et non sur une baisse. Donc non seulement comme le dit Michel Desgranges, ce n'est pas la baisse en elle-même faire d'emploi, mais de plus il semble que cette baisse n'existe même pas !
    Autrement dit, comme d'habitude, on aura dit un mot aimable (« baisse de charges »), mais sans traduction concrète. C'est l'habitude des motions de synthèse : un mot aimable pour chaque courant du PS et je reste secrétaire général !

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