david in winter

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samedi 7 septembre 2013

Syrie : piquants propos de M. John Kerry, Secretary of State



  Oublions les futures victimes des frappes morales, démocratiques et humanitaires qui doivent punir quelques chevrières et bergers syriens coupables de se trouver in the wrong place at the wrong time, selon l'expression qu'aiment à employer les faucons de Washington (DC), pour commenter avec désinvolture les images de cadavres qui n'auraient pas dû se trouver là ( en privé : shit happens), et divertissons-nous plutôt en lisant les propos de M. John Kerry , Secretary of State du sieur Obama et va-t'en-guerre en chef.
   Dans une longue interview donnée hier au Huffington Post, M. Kerry rappelle qu'il a été un vaillant opposant aux guerres du Vietnam et d'Irak, et qu'il a ainsi pu constater à quel point les agences de renseignement et les militaires racontaient des mensonges.
  Fort de cette expérience, il est donc très logiquement aujourd'hui persuadé de la véracité des rapports des agences de renseignement affirmant que le vilain dictateur syrien asperge de gaz ses propres sujets.
  M. Kerry s'est également empressé d'annoncer que  le sieur Obama passera outre à un refus du Congrès de l'autoriser à  bombarder le féroce ennemi syrien, et il en justifie son employeur par l'exigence de préserver la "sécurité nationale" , citant même un précédent : c'est sans avoir demandé l' autorisation du Congrés que Bill Clinton, a décidé, tout en gémissant de plaisir sous les langoureuses caresses de Monica la stagiaire, d'intervenir au Kosovo pour, répète M. Kerry, "préserver la sécurité nationale". (Il est en effet certain que les chrétiens du Kosovo s'apprêtaient à envahir le Nevada et l'Oregon, et depuis qu'ils ont été chassés de leurs maisons par d'excellents mahométans, les Américains peuvent dormir tranquilles).
  M. Kerry ne remarque pas que "agir sans autorisation" n'est pas exactement la même chose que "agir malgrè un refus de l'autorisation demandée", mais quand il est question de sécurité nationale, foin de ces arguties.
  Et ensuite ? Quand le très-méchant M. Bachir Assad ( dans cette interview, M. Kerry a d'abord appelé le Président syrien Saddam Hussein, mais, sans doute sur un petit signe de son interlocuteur, il a ensuite rectifié ) aura été renversé, et sans doute pendu puis équarri, que se passera-t-il ( car M. Kerry est passé, sans en avoir l'air, des frappes limitées et inoffensives à la chute de M. Assad) ?
  Eh bien, M. Kerry est très conscient de la présence dans l'opposition de bad guys , de militants de cette Al-Qaida que les Américains ont décidé d'exterminer depuis une douzaine d'années avec un succès tout relatif, mais, heureusement, les rapports des agences de renseignement (intelligence, en v.o. et pour rire ) l'ont précisément informé sur le nombre de ces méchants : 25% des rebelles ( ou gentils combattants de la démocratie), nous apprend le Secretary of State.
  M. Kerry est donc tranquille pour l'avenir, 25% , c'est moins que les 75% d'opposants qui ne sont pas encartés chez Al-Qaida. Certes, M. Kerry ne semble pas se demander si ces 25% ne pourraient être mieux armés, mieux organisés et plus déterminés que les 75% de good guys et il n'a aucune idée de la façon dont pourrait s'effectuer le partage du pouvoir entre ces deux groupes mais l'arithmètique est du côté du bien, et cela suffit.
   Pour le peuple syrien, un avenir radieux se dessine.

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