david in winter

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dimanche 15 septembre 2013

Sur un billet niçois, et Joseph de Maistre



    La republication , avec mon accord, de mon billet d'hier sur un magazine libéral en ligne a provoqué des commentaires dont le nombre, très supérieur au nombre des commentaires habituellement suscités par d'autres articles, pourrait me procurer un vague plaisir de vanité  -- je suis lu! – mais dont la teneur me rappelle à la modestie.
   Peut-être ai-je été lu, si l'on réduit le verbe lire au sens de "déchiffrer des caractères alphabétiques", mais si, avec plus d'ambition pour autrui , on entend ce même verbe lire comme signifiant " prendre connaissance d'un texte en faisant l'effort ( en l'occurrence minime) d'en comprendre le sens", je n'ai alors plus eu le moindre lecteur.
   Et je ressens une compassionnelle pitié pour ces individus qui passent plus de temps à tapoter sur un clavier des critiques, attaques et insultes contre un écrit et son auteur qu'ils n'en ont consacré à vouloir (pouvoir ) le comprendre.
   Ce ne sont pas les prétendus insuffisances du langage qui créent les incompréhensions entre êtres humains, mais le seul défaut d'attention à ce qui est réellement énoncé, défaut qu'amplifie, par son instantanéité, la communication numérique  -- et je m'empresse de retourner en un temps où les mots étaient mieux pesés  par les lecteurs, pour en offrir cette citation :
   "Or, ce qui distingue la Révolution française, et ce qui en fait un évènement unique dans l'histoire, c'est qu'elle est mauvaise radicalement; aucun élément de bien n'y soulage l'œil de l'observateur: c'est le plus haut degré de corruption connu; c'est la pure impureté.
   "Dans quelle page de l'histoire trouvera-t-on une aussi grande quantité de vices agissant à la fois sur le même théâtre ? Quel assemblage épouvantable de bassesses et de cruautés!
   "(...) Et maintenant encore, voyez comment le crime sert de base à tout cet échafaudage républicain; ce mot de citoyen qu'ils ont substitué aux marques antiques de la politesse, ils le tiennent des plus vils des humains; ce fut dans une de leurs orgies législatrices que des brigands inventèrent ce nouveau titre."
   Extrait de : Considérations sur la France de Joseph de Maistre (1797) , in Joseph de Maistre : Œuvres ( Paris, 2007, collection "Bouquins", excellente édition due à M. Pierre Glaudes).

2 commentaires:

  1. Vous devriez bien nous donner le lien vers le site en question, que l'on puisse, nous aussi, se régaler de ces commentaires !

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  2. Je ne mets jamais de liens dans mes billets, pour des raisons esthétiques,cher Didier, mais il s'agit de "Contrepoints".

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