david in winter

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jeudi 12 septembre 2013

De l'heureuse nature de la dette publique



   Pour un particulier, les effets de l'endettement sont divers, ils peuvent le conduire à la ruine, parfois à la fortune ( "qui ne paye pas ses dettes s'enrichit", dit la sagesse des Nations ) ou encore, s'il entre dans la catégorie privilégiée des surendettés estampillés officiellement, à une nette amélioration de son niveau de vie.
   Pour un chef d'Etat, la situation est assez différente. D'abord, il a eu la prudence de ne pas emprunter personnellement les tas de milliards dont il a besoin pour les distribuer à des électeurs qu'il espère reconnaissants, évitant ainsi tout risque d'aplatissement de son propre porte-monnaie, non, il a emprunté au nom de l'Etat, ou de toute autre entité qui ne proteste pas quand on la charge d'un quelconque fardeau.
   Cependant, le chef de l'Etat peut se trouver aujourd'hui face à une difficulté : plein de voix médiatiques ( chercheurs, experts, lauréats du concours Lépine) s'élèvent pour dire que cette dette-de-l'Etat est dangereuse, porteuse de cataclysmes ( non précisés ), et ainsi, murmurent conseillers et coaches, entraîner une baisse de la popularité présidentielle dans les sondages de Hot Video, Voici et Le Berrichon libéré.
   Le chef de l'Etat réagit, et annonce une baisse (en gros caractères dans les medias amis) de l'augmentation ( en tout petits petits caractères) du niveau de ladite dette.
   Mais, se demande l'observateur attentif à la réalité des choses, cette dette, dont personne ne se souciait alors qu'elle était déjà coquette, est-elle véritablement porteuse d'un avenir fâcheux?
    Voyons d'abord la nature d'une dette, qui se caractérise par deux élèments essentiels : son échéance (la date à laquelle il faut rendre les sous au créancier) et son taux ( le nombre de sous à verser chaque année au créancier et nommés intérêts).
    On a vite compris qu'une dette dont l'échéance tombe demain alors que vos caisses sont vides empêche plus de dormir qu'une dette dont l'échéance arrivera en l'an 2040, d'où cette règle : toute dette dont l'échéance est postérieure au jour où un politicien pense se retirer de la vie publique ( et de toute vie sur cette terre) n'est pas un souci – et, heureusement, on trouve aujourd'hui des emprunts à échéance de... cinquante ans.
   Quant à son taux, il est très variable selon les circonstances, mais dernièrement, les chefs-d'Etat ont trouvé à emprunter à des taux négatifs ( pratiqués par des institutions dépendant de divers Etats ) , ce qui signifie que le débiteur touche des sous de son créancier au lieu de lui en verser.
   Je résume : pour connaître ce qu'est réellement une dette globale, il faut pouvoir étudier chacun des emprunts la constituant et les classer par date d'échéance ( comme pratiqué dans les bilans des entreprises, mais ce dont les politiciens omettent d'informer les citoyens), avec les montants annuels d'intérêts à verser.
  Un autre élément essentiel consiste en l'identité du prêteur: ce n'est pas la même chose que d'emprunter à un individu employant des colosses aux rudes façons pour recouvrer ce qui est lui dû, ou à une institution financière dont les dirigeants sont nommés par le chef d'Etat.
  Je n'ai pas ici la place d'énumérer tout ce qui est à considérer pour estimer une dette, disons seulement qu'il existe des créanciers qui ne souhaitent pas être remboursés ( par ex. des fonds de pension qui ont besoin seulement de toucher des intérêts pour verser des retraites à leurs adhérents et ne peuvent toucher à leur capital) et renouvellent systématiquement les dettes arrivées à échéance ( à, bien sûr, certaines conditions), ou d'autres qui, comme les "banques centrales" ( européenne ou américaine) ont l'agréable faculté de pouvoir fabriquer sans contrepartie des billets de banque ( ou des lignes de crédit) et qui, ayant prêté de la monnaie de singe, se moquent que celle-ci leur soit rendue, etc. etc.
  Tout ceci m'amène à conclure que si j'étais chef d'Etat ( en 2017 ? ), je continuerais à emprunter avec une parfaite tranquillité.
  Un pessimiste me tire par la manche alors que j'allais sortir pour me promener, et m'apostrophe :
  --Mais si, malgrè tout, notre bel Etat se trouvait en  banqueroute, que nous arriverait-il ?
  Personne n'en sait rien.
  Mais la terre continuerait à tourner, et, assez probablement, certains individus seraient plus riches, d'autres plus pauvres, et la masse des hommes vivrait à son habitude, entre heurs et malheurs.

6 commentaires:

  1. En somme, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ! Et puis, comme vous l'expliquez dans votre roman, au cas où les échéances se rapprocheraient dangereusement, il reste toujours la solution d'aliéner quelques provinces...

    Et bonne chance pour 2017 !

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    1. Pour 2017. je crains un peu la concurrence de M. Renaud Camus , qui est maintenant à la tête de deux partis politiques...

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    2. Il me semble déceler un soupçon d'ironie derrière la crainte par vous exprimée.

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  2. Les considérations économiques me dépassent un peu, mais dans le doute, je serais d'avis de porter M. Kim au pouvoir. Lui saurait quoi faire.

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  3. Je vais proposer à mon banquier d'emprunter jusqu'en 2090,à cette date je pense que je ne serais plus de ce monde sauf miracle, je doute qu'il soit d'accord pourtant ce sera en toute honnêteté.

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  4. Prenez la précaution de vous faire d'abord élire chef d'Etat.

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