david in winter

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jeudi 5 septembre 2013

Guerre : pourquoi elle aura lieu



  Is fecit cui prodest.
  Le phénomène, découvert par des chercheurs, analysé par des experts et disséqué en talk-shows, est bien connu : tout bruit de guerre pousse les citoyens à faire des provisions, et dans superettes, hyper- et supermarchés se presse une foule de ménagères qui, tout en surveillant sur leur smartphone la progression vers Romorantin de l'aviation ennemie, emplissent leurs caddies de sucre, café, papier toilette, packs de bière et caramels durs ( qui font plus d'usage que les caramels mous).
  Cette frénésie d'achat entraîne mécaniquement une hausse globale de la consommation des ménages qui se traduit à son tour, et tout aussi mécaniquement, par une hausse de l'indicateur d'efficience gouvernementale nommé PIB.
  Cette hausse du PIB est ensuite annoncée à la télévision , sur les réseaux sociaux et sur www.libertines-affamées.com  par le chef de l'Etat, qui se félicite du succès de sa politique, puis cette même hausse est commentée sur les mêmes medias par des chercheurs, experts et journalistes indépendants qui – notons la nuance, preuve d'objectivité – reconnaissent le succès de la politique du chef d'Etat.
  Lequel voit alors sa cote de popularité dans les sondages inverser sa courbe baissière en courbe haussière.
   Le chef de l'Etat est content. Il se félicite encore, et trouve surtout que c'est une bonne idée que d'avoir menacé de bombarder San Marin, la Syrie et Jersey pour les punir ( il a oublié de quoi ) en laisant entendre que cela pourrair provoquer une réaction en chaîne.
  De leur côté, spécialistes de la prévision, des prédictions et de divers arts divinatoires élaborent des scénarios. Dans certains de ceux-ci, il est suggéré que cette hausse de la consommation pourrait être suivie d'une baisse – dont la durée sera à peu près égale au temps nécessaire pour les citoyens d'épuiser les provisions encombrant leurs placards.
  Le chef de l'Etat reçoit une synthèse de ces scénarios pessimistes. Ces conseillers lui présentent l'alternative qui en découle: a/ subir l'humiliation de l'annonce de la mauvaise santé du PIB ( "et, hélas monsieur le Président, cela risque de se produire avant les municipales"); petit b/ : agir , au nom de la morale, pour que soit déclenchée pour de bon une vraie guerre ("et, monsieur le Président, cet évènement vous assurera votre place dans l'Histoire").
  Le chef de l'Etat sait désormais ce qu'il doit faire.

2 commentaires:

  1. Il y a fort à parier que ce sont bien les mécanismes de prise de décision qui sont à l'oeuvre.

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  2. Votre analyse me plait, les guerres relance les économies et pendant que l'on en parle, le reste passe inaperçu.

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