david in winter

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samedi 13 juillet 2013

Vengeance et médisance



   Pendant que le monde d'aujourd'hui suit paresseusement sa petite routine –sous le regard indulgent des hiérarques socialos, de turbulents jeunes détroussent les cadavres projetés hors un train déraillé; les propriétaires d'un réseau social livrent à la rigueur des juges ( rouges?) les naïfs crétins qui avaient cru pouvoir y user de leur constitutionnelle  liberté d'expression, de nouvelles lois vont empêcher les artisans de céder leur petite entreprise à l'acheteur de leur choix, de fines persécutions s'abattent sur les déjà fort malmenés fumeurs et automobilistes, etc. etc. – oui, pendant donc que ce monde dans lequel je tente encore de vivre devient chaque jour plus abject, je retrouve l'air pur de la civilisation (il faut que je me dépêche d'en profiter, car toute civilisation disparaîtra en juillet 1789) en continuant de lire Mme de Genlis qui, hélas, commence à me singulièrement énerver par ses mensongères omissions, ses proclamations vertueuses et son amour-propre hypocrite.
   Dont je me vais me venger en citant quelques vers de cette chanson , trouvée dans les Mémoires secrets du pseudo-Bachaumont, en février 1782 :
    "Saint-Aubin [nom de naissance de Mme de Genlis] dans sa patrie
    Ne vivait que d'industrie;
    Elle était assez jolie,
    Ses nuits payaient ses jours (...)
    Genlis, époux digne d'elle
    De ses vices le modèle
    Brûlant d'une ardeur fidèle
    Vient lui présenter sa main:
    Dans l'espoir du cocuage,
    Il conclut son mariage,
    Fondant son honteux ménage
    Sur une épouse catin. (...)".

    Autres vers:
    " Aujourd'hui prude, hier galante,
       Tour à tour folle et docteur (...)
       On peut bien être pédante
       Sans cesser d'être catin."

       Et quand elle est nommée gouverneur (sic) des enfants de Mgr le duc d'Orléans:
       "En physique je suis du genre féminin;
         Dans le moral je suis du masculin (...)
         Le matin ma tête est sensée,
         Elle devient faible le soir;
         Je suis monsieur dans le lycée
         Et madame dans le boudoir."
   
      Enfin, ces deux vers d'un long poème cité dans la Correspondance de Grimm  :
       "Je déchiffre un peu la musique,
        Et la harpe est mon instrument."
       Meister, le continuateur de Grimm, y mit cette note : " On rappelle ici, en jouant sur les mots, l'accusation portée contre Mme de Genlis d'avoir M. de La Harpe pour teinturier."
         Car non seulement on répandait que La Harpe, un des Quarante de l'Acadèmie , était l'amant de Mme de Genlis, mais aussi qu'il polissait et repolissait les ouvrages de la Comtesse...

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