david in winter

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vendredi 9 août 2013

Grand remplacement, petit souci



   Je lis quotidiennement chez Boulevard Voltaire le Journal de M. Renaud Camus, parce que c'est facile et peu onéreux ( un simple click –ô merveille de la technologie!) , parce que ce diariste  a parfois des idées justes ( soit : les mêmes que les miennes, ainsi sur la dissolution du paysage en un flasque et bariolé magma, et les injures à notre langue ) , et parce qu'il est , denrée rare, un bon écrivain.
  J'ai ainsi pu observer que M. Camus manifeste une sorte d'obsession hostile envers un phénomène qu'il nomme Le grand remplacement , à tel point qu'il a lancé un pathétique appel pour que se crée une confédération, ou un rassemblement, ou une union ( au choix, mais il y a débat) de tous les adversaires du susdit remplacement, ce qui, pour le moment, l'a surtout contraint à se défendre contre une accusation de menées dictatoriales  -- M. Renaud Camus en nouveau Duce ? en avatar du Caudillo ? en clone du Petit Père des peuples (européens) ? Que voilà une audacieuse imagination.
  J'ai aussi noté que M. Renaud Camus n'exprime pas très clairement, avec l'exactitude scientifique que rèclame le sujet, en quoi consiste ce grand remplacement.
  Car l'expression signifie en bon français, et c'est en bon français qu'écrit M. Renaud Camus, qu'il existe quelque chose ,  que ce quelque chose va être remplacé par autre chose, et que ce remplacement s'effectuera en grand ( i-e : une grande quantité sera remplacée).
   Et que sont ces quelques choses dont l'une prendra la place de l'autre ?
   Même si elles ne sont pas nommées explicitement, et de manière univoque, essayons, d'après le contexte du Journal, de regarder ce dont il s'agit, et quelle est la menace qui plane.
   Nous trouvons aujourd'hui en France, selon des statistiques un peu floues par volonté gouvernementale ( donc, ces chiffres ne sont pas exacts au bébé près, mais c'est l'ordre de grandeur ) soixante-cinq millions d'êtres humains de tout âge, dont soixante millions d'indigènes et cinq millions d'allogènes ( que je nomme ci-après les zotres, par commodité).
   Comment se présenterait concrètement ce vaste remplacement de la population indigéne par la population zotres (justement, ce matin M. Renaud Camus se soucie d'un changement de population ) ?
   Si nous excluons un changement total (i-e : 100% zotres et 0% indigènes) , un remplacement seulement grand, disons un tiers indigénes et deux tiers zotres, donnerait..., comptons :
   -- en ajoutant à l'effectif actuel de la population  indigène  cent vingt millions de zotres, nous aurions sur notre territoire un nouveau total de cent-quatre vingts millions d'humains bien répartis un tiers indigénes et deux tiers zotres;
    --ou, ce qui semble avoir la faveur de M. Renaud Camus, en remplaçant dans la population actuelle environ quarante millions d'indigènes par quarante millions de zotres, nous arriverions à la répartition désirée de : vingt millions d'indigènes et quarante-cinq millions de zotres. (1/3 2/3 à quelques âmes près).
   Diverses objections ( imaginez ! ô lectrices et lecteurs ! ) peuvent être faites sur la mise en œuvre pratique de ce remplacement; ainsi, dans le second cas, où passeraient ces quarante millions d'indigènes ? Jetés dans les océans ? Envoyés en vacances forcées dans d'exotiques Clubmed ? Décapités pour dresser ces pyramides de têtes chèries de Timür ?
  Imaginons imaginons...
  Mais ce remplacement peut être aussi du domaine du non-quantifiable, par exemple un changement de religion, disons l'Islam ( chiite ? sunnite ? ) à la place du catholicisme...mais que peut signifier  concrètement un tel changement lorsqu'il n'y a pas une unique religion d'Etat ? Des foules chrétiennes devenant en masse mahométanes ? Des cathédrales transformées en mosquées ? Des révolutions dans le secret des cœurs ? Le bannissement des porcs? Ajouterai-je que dans ce domaine, ce qui compte, c'est l'intensité et la pureté de la foi des individus, non la seule observation des rites, et cette intensité, chez les uns ou chez les zotres, qui l'a mesurée ? Qui peut la mesurer ?
  Dernière crainte camusienne : un changement de civilisation, et à cette pensée ... quelle civilisation peut être changée ? Je cherche... je ne trouve rigoureusement rien qui puisse seulement faire soupçonner qu'il existe aujourd'hui en France la moindre civilisation  --comparez donc, dans tous les domaines, ce qu'était la France en l'an 1700 et ce qu'elle est en l'an 2013. Et chez les zotres ? La civilisation des djeunes-des-banlieues, des imans aussi incultes que barbus et des rappeurs subventionnés ? Faut-il redouter qu'un néant remplace un néant ?
   Ce n'est pas l'avenir fantasmé qui me fait peur (surtout à mon âge...), c'est le présent qui est odieux. C'est ce présent ( que M.Renaud Camus a bien entrevu, mais sans en tirer toutes les consèquences ) où la classe politico-médiatique , les entrepreneurs de spectacles (sportifs, télévisuels, cinématographiques etc. ), les pignoufs publicitaires et les maîtres d'école ignares veulent imposer, par la parole et surtout par l'image, et sans le moindre respect pour la réalité des êtres humains, de prétendues valeurs qui ne sont que des valeurs attribuées aux zotres par ces pervers indigénes tout  en niant ou détruisant la grandeur authentique de notre passé, c'est dans ce discours qu'est le remplacement—peut-il en résulter des faits , une nouvelle réalité? et quels faits, quelle nouvelle réalité ? Nul ne peut le dire.
  Et s'il y a une action à mener, qu'elle ne le soit pas contre les zotres, mais contre les nôtres, contre ces nôtres qui renient et haïssent identité et héritage aussi bien que la beauté ou l'harmonie, et, oui, ces nôtres, il faut les remplacer.

14 commentaires:

  1. Vous voilà bien prudent, et un poil embrouilleur.
    Un exemple : vous semblez dire qu'on ne sait pas trop si ce sont les sunnites ou les chiites qui l'emporteraient, si d'aventure l'Islam s'imposait en France (ce à quoi vous ne semblez pas croire). Dans l'hypothèse d'un Islam qui gagne du terrain (ce qui à moi ne me paraît nullement fantaisiste), c'est évidemment d'islam sunnite qu'il s'agit, puisque nos immigrés sont algériens, marocains, éventuellement turcs, et assez peu iraniens, par exemple.

    Soyons sérieux.

    Je crois que vous utilisez ici une ficelle rhétorique consistant à nous expliquer que ces choses-là sont très compliquées, qu'on n'a aucune chance d'y rien comprendre, et donc qu'il serait plus sage de ne pas trop en causer...

    Vos calculs me laissent sans voix. Vous semblez ne pas comprendre ce qu'est la démographie. Ce ne sont pas les millions de Français d'aujourd'hui qui vont être remplacés par des néo-Français, voyons ! Les choses sont simples : les Français vieillissent et meurent, faisant moins d'enfants qu'il n'en faudrait pour simplement se renouveler, tandis que des néo-Français naissent à la pelle. C'est aussi simple que cela. Pas la peine de tuer des millions de Français pour que disparaissent des millions de Français : il suffit d'attendre qu'ils meurent.

    Songez également que l'Afrique Noire va atteindre ses deux milliards d'habitants d'ici quelques petites décennies, et demandez-vous où ce trop-plein va naturellement se déverser. Le cauchemar du Grand Remplacement vous en paraîtra peut-être un peu moins lointain...

    Les "Zôtres", c'est une référence à l'excellente bande dessinée "Achille Talon" ?

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    1. J'aimais beaucoup beaucoup Achille Talon, mais ne l'ai pas lu depuis au moins trente ans...
      Pour le reste : il y a, me semble-t-il, plus urgent que s'occuper de ce qui pourrait peut-être ou peut-être pas arriver dans "quelques décennies", même petites ( des décennies de 7 ou 8 ans ?).
      Mais merci de m'avoir lu.

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    2. Façons de parler, bien sûr.
      Je pense que nous serions assez contents, aujourd'hui, si nos présidents, députés et ministres d'il y a cinquante ans avaient bien voulu se donner la peine de réfléchir à 2013, comme ça, histoire de dominer un peu les choses, de faire de la politique, quoi, de gouverner, car gouverner, n'est-ce pas, c'est prévoir !

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    3. "Pour le reste : il y a, me semble-t-il, plus urgent que s'occuper de ce qui pourrait peut-être ou peut-être pas arriver dans "quelques décennies", même petites ( des décennies de 7 ou 8 ans ?)".

      Vous pensez à quoi comme truc urgent à s'occuper, plus important que l'arrivée en masse de l'islam et de l'Afrique en terre d'Europe? Juste par curiosité.

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  2. Desgranges serait donc un homme de paille de la tribu.

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    1. N'y eut-il pas des cultes païens (celtiques) où l'on brûlait des "hommes de paille" ?

      cf. le film The wicker man.

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    2. Toujours répondre à une question gênante par une autre question, c'est comme une marque de fabrique.

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  3. J'ai lu attentivement votre billet.
    J'ai une question, ce n'est pas une critique mais juste un besoin d'éclaircissement.
    Quelle différence faites-vous entre la civilisation et la grandeur authentique de notre passé ?
    Vous écrivez en effet :
    " je ne trouve rigoureusement rien qui puisse seulement faire soupçonner qu'il existe aujourd'hui en France la moindre civilisation"
    et un peu plus bas :
    "... de prétendues valeurs qui ne sont que des valeurs attribuées aux zotres par ces pervers indigènes, tout en niant ou détruisant la grandeur authentique de notre passé",
    ce qui pourtant semble évoquer quelque chose ayant une relation avec la civilisation.
    Merci de nous éclairer au sujet de cette nuance.

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    1. Cette "grandeur" est à la fois un élément constitutif de la civilisation enfuie ( c'est de leur vivant que l'on nommait Louis XIV "le Grand" ou Louis II de Bourbon-Condé "le grand Condé" ) et un jugement qualitatif actuel sur le passé -- quand nous appelons aujourd'hui ( enfin, les réactionnaires...)"grand siècle" le XVIIème.

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  4. Votre conclusion rejoint très bien celle de Renaud Camus, qu'il a exprimé dans La Grande Déculturation et dans Décivilisation. En très gros : c'est l'effondrement de notre civilisation, notre renoncement à être nous-mêmes, qui a permis l'immigration de masse. Laquelle, à son tour, vient renforcer et accélérer cette déculturation et cette décivilisation, mais n'en est nullement la cause. Comme le disait Flannery O'Connor : Notre mal vient de plus loin.

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    1. Non. Ce qu'énonce M Camus énoncé par vous est un rapport causal fort banal ; ce que j'affirme est qu'il y a belle lurette qu'il n'y a plus de civilisation française , bien avant le phénomène de "l'immigration de masse".------------
      Mais plus ample développement, et argumenté, serait nécessaire pour justifier mon propos.

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    2. Vous êtes peut-être un peu trop pessimiste. N'y a-t-il pas encore, chez le plus décérébré de nos jeunes ignares, quelque chose de typiquement français ? Imaginez-vous en Papouasie : vous tombez subitement face à face avec un Kévin qui parle français, qui n'a que vaguement (très vaguement) entendu parler de Baudelaire en cinquième, et hop ! c'est toute la civilisation française qui vous prend à la gorge !
      Ce que je veux dire, c'est que même un Kévin a quelque chose de français. A quelque chose d'humain.
      Il y aura un temps où nous regretterons les Kévin !

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  5. ExpriméE aurait été préférable…

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