david in winter

david in winter

lundi 10 juin 2013

Esteban M. -- voir : injustice

Qui était le comte de Lally ?
 " Quant à M. de Lally , écrit l'auteur, ( sans doute Pidansat de Mairobert) , de La vie privée de Louis XV  (Londres, 1781 ) , le désir du cordon rouge et la soif de l'or l'avaient conduit vers un autre hémisphère [ l'Inde ] , plus que son devoir ou le patriotisme. Ses camarades connaissaient (..) son goût pour la rapine et les vexations (...) . D'un caractère brusque , dur et même féroce (...)."
  Revenu en France, cet homme cupide et brutal fut, sous des prétextes fallacieux,  dénoncé par des rivaux   devant le Parlement de Paris qui, par un arrêt d'une stupéfiante iniquité, l'envoya baillonné à l'échafaud où il fut décapité en 1766.
  M. de Lally n'était guère estimable, mais il avait été victime d'une injustice, et Voltaire  se battit inlassablement pour la cassation de l'odieux arrêt du Parlement.
 Reformulons ce fait : ce n'est pas pour M. de Lally que Voltaire écrivit des pamphlets justement célèbres, mais contre une décision judiciaire qui était un crime.
  Et il importe peu que la victime d'un tel crime soit bonne ou mèchante , seul compte que la décision qui l'expédie en prison ou à la mort soit injuste.
  Aujourd'hui , en cette même ville de Paris, en 2013, M.  Esteban M. est jeté en prison au titre de la détention provisoire  -- laquelle est décidée arbitrairement par un homme seul, pratique par ailleurs horriblement banale dans un pays qui ignore même l'ombre de la notion d' habeas corpus .
  Telle qu'elle est relatée par les médias étatiques et para-étatiques, l'affaire dans laquelle est impliquée M. Esteban M. semble relativement claire -- agressé par des adversaires politiques, il s'est défendu, et cette défense a entraîné la mort de l'agresseur , c'est alors à un tribunal, et un tribunal jugeant en dernier ressort, de qualifier l'action de M. Esteban M. , de dire s'il y avait ou non légitime défense, si la riposte a été ou non proportionnée à l'attaque, etc. et de décider éventuellement , et seulement au terme de toutes les procèdures de droit , si M. Esteban M. est passible d'une peine de prison.
  Il  semble que les convictions de M. Esteban M. soient de celles qui rencontrent ma totale hostilité , cela importe peu , seul ici importe qu'un homme soit emprisonné sans avoir été jugé ni condamné.
  Et c'est ici également ce qui me sépare radicalement des conservateurs figaresques et du peuple de gauche, tous gens également avides de jeter dans des culs de basse-fosse tout adversaire , pour moi, toute injustice est répugnante, qu'elle frappe un ami ou un ennemi.
  C'est là un sujet qui était l'un des ressorts d'un roman que je publiais il y a une vingtaine d'années , j'étais, bien sûr, persuadé que cela ne changerait rien, rien ne changea, et sans doute rien ne changera.

PS. Avant de juger M. de Lally, le Parlement le garda en détention provisoire durant dix-sept mois.




5 commentaires:

  1. Hé, hé, si les idées ressemblent au plumage, il fera bon venir ici se réchauffer au feu du talent, surtout quand les blés sont encore sous la neige

    RépondreSupprimer
  2. Il semble que les convictions de M. Esteban M. soient de celles qui rencontrent ma totale hostilité

    On peut aussi supposer que les convictions de M.Esteban étaient réduites à sa portion congrue.
    Mais qu'il était passé maître dans l'art du pâté de phalanges.

    RépondreSupprimer
  3. Dans la pratique, le maintien en détention est décidé par au moins deux personnes : l'OPJ et le proc, puisqu'un proc ne va presque jamais contre l'avis d'un OPJ qui décide de libérer (mais ils le font rarement, déformation professionnelle).

    Ensuite, le JLD statuera à son tour sur le maintien ou non en cabane.

    Il y a donc un peu plus qu'une personne pour décider de cela, et ce n'est pas totalement arbitraire, puisque les décisions du proc et du JLD sont susceptibles de recours.


    Mais sur le fond, la détention provisoire est complètement surutilisée en France, je suis bien d'accord

    RépondreSupprimer
  4. En ces temps grégaires, les dévots de la République jacobine, tous bords confondus, les faiseurs d'opinion, la caste médiatique ont rendu un bien mauvais service à la justice en hurlant au loup avec les mutins de Panurge gauchistes, voyant dans cette triste affaire une aubaine politique inespérée pour redorer leur blason.

    C'est votre honneur de ne pas avoir plié sous ce déluge de haine déversé à l'encontre de Morillo Esteban et d'avoir dénoncé l'injustice dès le 10 juin.

    RépondreSupprimer