david in winter

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mardi 25 juin 2013

Critique littéraire



    Dans Mémoire d'en France , ouvrage où la critique littéraire égale en excellence et pertinence la peinture  de la société et de nos mœurs, M. Didier Goux appelle Lucien de Rubempré "ce petit con". La formule est violente, et la pensée juste, mais, à cette aune, quel qualificatif devrait-on appliquer à cette larve de Frédéric Moreau ?
  Paresseux et vélléitaire, le lamentable héros de L'éducation sentimentale ( que je viens de relire ) n'a pas même la sorte d'ardeur tenace  vers l'annihilation de soi d'un Oblomov; il végète en courant mollement après cette cruche vertueuse de Marie Arnoux, se vautre dans une médiocrité médiocre vers laquelle il n'a même pas à faire le minime effort de se seulement laisser glisser tant elle se montre, dès sa première apparition, être sa nature, et de ce personnage si peu intéressant découle nécessairement un vide remué ci et là de modestes vaguelettes qui occupe, si l'on peut oser ici ce verbe, les deux cents premières pages du roman, et permet au lecteur de les tourner, ces pages, en pensant à toute autre chose, d'autant que le flou de la chronologie autorise que l'attention vagabonde.
  Puis arrive une révolution, celle de 1848, et, portée par la brutalité de l'évènement et les convulsions qui s'ensuivent, l'œuvre s'anime et les personnages secondaires, jusqu'alors ectoplasmiques sans doute  par contagion, prennent de l'épaisseur et de la vie, alors, et alors seulement, le roman  devient grand tandis que Frédéric demeure nul.
  Et j'ai commencé de relire Bouvard et Pécuchet, dont le début est en tout point admirable.
 

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