david in winter

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jeudi 8 janvier 2015

Quand le troupeau "est Charlie"...



  Nil mortuum nisi bonum, je n'ai jamais fait mienne cette maxime, et même s'il arrive que la mort soit rédemptrice, elle ne fait pas d'une vie méprisable une existence digne d'être louée.
   Je ne lisais pas Charlie Hebdo, avatar indigne d' Hara-Kiri, gardant dans mon souvenir l'image du Professeur Choron titubant , appuyé sur un Reiser idem, et se traînant jusqu'aux grilles du square Montholon pour y vomir copieusement sur les massifs de petites fleurs.
   J'avais quelque sympathie pour l'érotomane Wolinski, en raison même de cette érotomanie joyeuse, et du dégoût pour la démagogie veule d'un Cabu, arrivé à Hara-Kiri comme le ver dans le fruit.
   Les plus jeunes, je les ai ignorés, j'apprends que l'un d'eux, rédacteur de propagande socialiste, en avait été récompensé par ses copains-coquins avec un fauteuil d'administrateur de la Banque de France  --ô pauvres mânes de Choron!--, et n'éprouvais aucun intérêt pour une gazette douillettement intégrée à l'establishment, dont elle représentait la frange un peu potache.
  Ce matin, au tabac du village où j'achéte mes cartouches de cigarettes hebdomadaires, et où, les clients, artisans et ouvriers de souche tiennent des propos guerriers qui seront sans lendemain, je jette un coup d'œil sur les Unes des journaux, tous sont Charlie (même la feuille sportive...), tous hurlent à la défense de la liberté, comme un Delacroix peignant en toute sécurité de républicaines barricades.
  Ô gens de medias, ô politiciens qui avez toujours approuvé, encouragé, célébré les lois et déclarations de droits qui annihilent toute liberté d'expression et fondent un droit qui permet de faire taire ..., ici, trop de noms seraient à écrire.
  Et cette foule qui bêle je suis Charlie pour la seule raison que le bêle aussi le mouton voisin, ce serait trop d'indignité que de s'y mêler.
  Tout cela retombera, et il n'en demeurera que quelques lois scélérates de plus, qu'applaudiront tous les éphémères Charlie.

Précision, ce soir : Je n'avais aucune estime pour l'oeuvre de Cabu; des amis en qui j'ai confiance et qui l'ont connu m'adressent des témoignages de sa réelle gentillesse, sans sectarisme. Il semble donc que l' homme ait été estimable -- et je tiens à l'écrire ici.

14 commentaires:

  1. Bravo aussi !
    C. Monge

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  2. Je me permets de noter l'humour dévastateur de Mgr Vingt-Trois qui sonne le glas de Notre-Dame pour Charb et Wolinski ! Sûr que ça va les faire sursauter sur leur nuage !

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    1. Je pense qu'il s'agit davantage de politique que d'humour. Pouvait-il faire autrement ?

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    2. Il y a un second degré chez le cardinal, je vous l'assure.

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    3. "L'humour dévastateur", on ne saurait mieux dire ! Bravo et merci, au taulier et aux commentateurs -)

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  3. Vous êtes pas Charlie les garcus
    Vous êtes charlots

    Ça, c'est une réplique qui claque !

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  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. Je confirme sur la gentillesse de Cabu qui fut à l'antimilitarisme ce que Wolinski fut à l'érotomanie...

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