david in winter

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mardi 3 juin 2014

Pensées confraternelles



    L'actualité du jour étant, à l'exception de quelques patronymes apparus comme la rosée et aussi éphémères, la même que l'actualité de la semaine dernière, du mois dernier, de l'an dernier etc., détournons nos regards de ce médiocre bourbier pour lire, et citer, quelques jugements littéraires.
   Sur Michelet :
  "Michelet – un des écrivains les plus insalubres, les plus funestes à la santé de l'esprit public."
   "Michelet, au vrai, voulez-vous savoir ce que c'est? –Nature de cuistre qui fait le pimpant".
   Sur Lamartine:
   "Désormais, au lieu du Lac, chez Lamartine, de grandes flaques de poésie."
   "Chose étonnante : Lamartine n'est que le plus harmonieux, le mieux inspiré, le plus sublime et le plus charmant des sots."
    Sur Balzac :
      "Décidément, cette réputation de Balzac s'étend comme un chancre : il faudra appeler Ricord [fameux médecin spécialiste des maladies vénériennes]."
      "Balzac, jusqu'à ses meilleurs romans, a toujours gardé quelque chose de la bassesse et, pour ainsi dire, de la crapule de ses débuts."
    Sur Hugo:
      "Victor Hugo : grossiéreté. Malices cousues de câble blanc."
      "Hugo dramatique, c'est Caliban qui pose pour Shakespeare."
       "Comme un grand troupeau roux de hérissons énormes.
       C'est là un de ses vers : à tout moment de ces énormités"
     Sur George Sand:
      "La coterie George Sand, Lamennais, Liszt, Didier etc. (Lamennais, le naïf, à part) est un amas d'affectations, de vanités, de prétentions, d'emphase et de tapages de toute sorte, un véritable fléau enfin, eu égard à l'importance des talents."
      Sur Dumas:
     "Alexandre Dumas, malgrè tout son fracas, n'est tout au plus qu'un esprit de quatrième ordre. Car où classer un écrivain chez qui on est sûr de ne rencontrer jamais ni la pensée élevée, ni la pensée délicate, ni la pensée judicieuse?"
       Sur Béranger:
      "Béranger est, de tous les hommes, celui certainement à qui la modestie procure le plus d'occasions de vanité."
       Ces aménités sont de Sainte-Beuve qui, toute sa vie durant, nota dans des carnets ce qu'il pensait de ses contemporains, et diffère souvent de ce qu'il publiait à leur sujet; ces carnets ont été édités en 1926 sous le titre Mes poisons par un érudit, M. Victor Gibaud, auteur d'une cinquantaine de volumes d'histoire littéraire assez oubliés. Il y a là 240 pages d'une lecture réjouissante.
   D'autant que Sainte-Beuve, écrivant sur lui-même, ne se ménageait pas plus:
   "Je suis un hypocrite, j'ai l'air de n'y pas toucher et je ne pense qu'à la gloire."
    Peut-on penser que, aujourd'hui, dans le secret de son cabinet, M. Bernard-Henri Lévy jette sur le papier semblable aveu?

4 commentaires:

  1. La gloire des autres ne lui aurait-elle pas porté ombrage ? Il n'empêche, ce qu'il dit de Hugo est juste (cela dit en toute objectivité, bien entendu).

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    1. N'oublions pas qu'entre la Sainte et Totor il y eut une fâcheuse histoire de femme...

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  2. J'aime beaucoup vos Sainte-Beuveries (même s'il est encore un peu tôt pour cela…).

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    1. La Sainte (Sainte-Bave...) accusait Musset de "saoulerie"...

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