david in winter

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lundi 9 juin 2014

Ode aux "humanitaires"



   Sur la place du village, cette affichette destinée aux enfants des écoles :"Dimanche .. juin, marche contre la faim".
   Aux jeunes crétins qui, conduits par des instituteurs citoyens tout dégoulinants de sensiblerie visqueuse, marcheront,  j'offre ce texte :
    "Une fourreuse du passage Dauphine, une soixantaine d'années, à qui j'ai souvent parlé à cause de ses chiens, s'est jetée à la Seine il y a quelques jours. Inconsolable de la mort d'un fils il y a une dizaine d'années. Pertes d'argent. Mauvaises affaires. Mari toujours dehors. Le "Fléau" [maîtresse de l'auteur] me parlait de cela ce soir dans mon bureau. Je me suis mis à éclater de rire. Scandalisée de cela. Me traitant de monstre, homme abominable. Je n'en riais que plus fort. C'est vrai, à la fin. Faut-il que je me désole parce que cette femme s'est jetée à l'eau? Je m'en fiche complètement. Va-t-il falloir aussi que je m'attendrisse sur les tuberculeux, les goîtreux, les borgnes, les bancals, les gens qui n'ont qu'un testicule, tous les mal bâtis d'une façon ou d'une autre. C'est agaçant à la fin. Je m'en fiche complètement. Toutes ces jérémiades à la mode d'aujourd'hui! C'est comme l'affaire des timbres antituberculeux. Des timbres antituberculeux? Quel français ! J'attends qu'on vienne m'en offrir dans la rue. Car c'est devenu maintenant une sorte de quête. Je crois bien que je m'offrirais le plaisir de répondre que je m'en fiche complètement."
     Paul Léautaud
    Journal littéraire , lundi 19 décembre 1932.

19 commentaires:

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    1. Votre commentaire prouve que vous n'avez rien compris au propos de Léautaud.

      Bien sûr que la condition de nos semblables peut être triste, mais pour autant est on obligé de se couvrir de cendres pour le moindre individu qui nous sera à jamais inconnu et qui se trouve frappé de je ne sais quelle tare ou malheur ? En revanche, si ça arrive à nos proches, à quelqu'un de notre famille, là, il est normal de ressentir peine et compassion.

      Si on devait se sentir concerné par le moindre malheur qui arrive à je ne sais quel inconnu, la vie serait tout bonnement insupportable. Ceux qui affirment le contraire sont tout simplement des menteurs.

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    3. Ai expulsé un commentaire pathétiquement stupide d'une anonyme harpie.

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  2. Devrais-comprendre que vous êtes POUR la faim ? Et concernant la soif, quelle est votre position ?
    Cela dit, prendre un air contristé à propos de tout, de rien et du reste me paraît bien hypocrite ; quant à marcher pour ou contre ceci ou cela à part rajouter du ridicule à l'inutilité, je ne vois pas à quoi ça peut servir.

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    1. Mais la Nature le sait puisqu'il s'agit d'un comportement plutôt général, sélectionné par l'évolution... Seriez vous contre la théorie de l'évolution ?

      Amike

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    2. Oui, Jacques, je suis pour la faim -- avant les repas.

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  3. Léautaud n'a pas beaucoup pleuré la mort de son père, s'il faut en croire son livre In Memoriam.

    Il avait un coeur de pierre quand il s'agissait des être humains. Pour les animaux, c'est autre chose.

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    1. Coeur de pierre ? Non, mais pas de faux sentiments, ni d'hypocrisie.
      Lisez-le, intégralement.

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    1. Voyez l'aspect positif des choses, Madame Louise : une petite marche le dimanche matin, il n'y a rien de tel pour ouvrir l'appétit des enfants.

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  5. Marcher contre la faim, quelle idée!
    Moi, contre la faim, je mange.

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  6. Un peu ridicule votre commentaire au sujet de rien, Monsieur Goux.

    Louise

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    1. Ce n'est tout de même pas ma faute si vous n'êtes rien…

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  7. Faut dire qu'il ne parlait pas la langue de bois Léautaud. Ses avis définitifs sur les femmes et l'amour valent leur pesant d'or !

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