david in winter

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mardi 6 mai 2014

Un peu de poésie



    Malgrè de méritoires efforts, soit une trentaine de secondes de surf sur internet, je n'ai pu découvrir parmi les titres et accroches des journaux en ligne le moindre sujet offrant le plus infime espoir de receler une nouvelle même du plus minuscule intérêt, et ayant déjà oublié ce qui aujourd'hui n'était qu'un usé radotage du vide d'hier et d'avant-hier , j'ai ouvert Les Trophées de Jose-Maria de Heredia pour relire le sonnet intitulé Antoine et Cléopâtre, dont je recopie les derniers vers :
  "(...) Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns
 Vers celui qu'enivraient d'invincibles parfums,
Elle tendit sa bouche et ses prunelles claires;

Et sur elle courbé, l'ardent imperator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d'or
Toute une mer immense où fuyaient des galéres."
    Pour Paul Valéry, cette même étendue d'eau ( mais plus occidentale), n'était qu'un "toit où picoraient des focs", et si j'étais instituteur, je demanderais à mes jeunes élèves de comparer les visions respectives ( l'une héroïque, l'autre de basse-cour) des deux poëtes; je ne doute pas que des écoliers dont les cerveaux se meuvent sur les cîmes des réseaux sociaux ne prissent plaisir à l'exercice ( par ailleurs totalement vain, comme les parallèles entre Corneille et Racine qui ne se rejoignent que dans l'infini du bavardage) et que leurs propos n'eussent ajouté à l'élucidation des mystères des très-inspirés hôtes du Pinde.
   Hélas, les aléas de l'existence m'ont éloigné de toute estrade magistrale, et c'est comme une bouteille à la mer que je jette ici ce thème de reflexion, avec la satisfaction d'avoir écrit un billet qui apporte à l'enrichissement de la connaissance humaine, tout autant, et même plus, que la lecture des gazettes subventionnées.

9 commentaires:

  1. Pour ma part, je me suis récemment plongé dans l'oeuvre critique de Barbey d'Aurevilly. Je ne le connaissais jusque là que par ses romans et nouvelles, et je m'aperçois que je passais à côté d'un Barbey passionnant. Ses pages sur les poètes sont délectables. Grâce à lui, j'ai découvert "Eloa" d'Alfred de Vigny, que je trouve admirable. Et peut-être ai-je mésestimé Lamartine, en qui Barbey voit le Virgile chrétien. Je vais lui redonner sa chance.

    En revanche, Barbey taille en pièces ce pauvre Joseph Autran, pour qui j'ai quelque tendresse. Mais je dois le reconnaître : Autran n'est qu'un poète attachant, pas un grand poète.

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  2. Malgré qu'il en ait le poëte peut avoir du mal avec les cimes lors de sa réflexion ...
    Foin de taquineries, la corruption des temps est-elle si avancée que l'arbre ne puisse jamais avoir de feuilles maintenant que la neige est partie et que le ciel est devenu bleu ?
    Jean Pace

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    1. La corruption du temps est telle que rien ne pousse, ni ne pense, ni ne vit.

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  3. On n'est point trop aidé de voir citer des focs quand il s'agit de colombes !

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    1. Le dernier vers du poème: “Ce toit tranquille où picoraient les focs” répond au premier : “Ce toit tranquille où marchent les colombes”.
      En revanche le poëte ne nous dit pas s'il s'agit du clinfoc, du grand foc, du petit foc voire même du faux foc, tous de mœurs orthodoxes malgré vos insinuations...
      Jean Pace

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    2. Pour M. Jean Pace : c'est un cimetière, non un dictionnaire de marine.

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    3. Mais non.
      "Je suis en toi le secret changement", maintenant.

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