Le
traitement que subit M. Sarkozy de la part de juges rouges, qui avaient,
assure-t-on, clamé leur haine à son égard, et d'argousins de basse police
politique me plonge dans un parfait ravissement.
Peut-être
l'a-t-on oublié, mais durant cinq ans M. Sarkozy a disposé pleinement et du
pouvoir éxécutif et, grâce à un Parlement majoritairement à sa dévotion, du
pouvoir législatif.
Cinq ans,
voilà qui laisse le temps d'agir –durant ces cinq années M. Sarkozy a omis de
révoquer des juges qui déclaraient
juger non selon leur conscience, non selon les lois, non selon les faits mais
selon leurs préjugés politiques ( et les révélations du "mur des cons"
n'ont été que la confirmation d'une prévarication que nul n'ignorait). Ces juges avouaient eux-mêmes leur
indignité, s'en glorifiaient même, et justifiaient ainsi leur exclusion de la
magistrature --mais M. Sarkozy, qui
n'eût fait que remplir le devoir de sa fonction, s'est abstenu de les chasser.
Sous le
règne de son prédecesseur, le Code pénal s'est grossi d'une infinité de crimes
et délits nouveaux, tous crimes et délits imaginaires, tous crimes sans
victimes, dont les définitions floues et ambigues permettent d'accuser et
condamner n'importe quel innocent, en l'accablant d'inculpations multiples pour
un acte unique qu'il n'a pas même commis. Dans le même temps, le code de
procédure pénale légalisait –et imposait! –les traitement les plus odieux que
l'on puisse faire subir à un citoyen
(sic) tout en assurant l'impunité aux bourreaux qui les perpétrent, de ces
traitements, la garde-à-vue et la perquisition sont les plus abjects –ils sont
donc devenus routines.
Durant cinq
ans, M. Sarkozy a omis de remédier à ces barbaries. Mieux, il les a alourdies,
par exemple en faisant du port d'un voile
un crime, au mépris de ce que l'on nommait jadis les libertés individuelles, dont
M. Sarkozy ne s'est jamais soucié.
Pourquoi
l'aurait-il fait? L'horreur de lois injustes ne frappait guère que des hommes
et des femmes ordinaires, et s'il
arrivait que la victime en fût un Arabe ou un Africain à peau noire, les
électeurs de M. Sarkozy se montraient indifférents, quand ils ne s'en
réjouissaient pas.
Aujourd'hui, M. Sarkozy est happé, et meurtri, par les structures, les
institutions, les individus qu'il a laissé prospérer, je le redis : j'en suis
absolument ravi.
Sans m'en
réjouir. Les déboires judiciaires de Joseph Caillaux et, plus près de nous, de
François Mitterrand, leur ont insufflé une nouvelle vigueur, et leur ont valu
les suffrages de leurs électeurs, et peut-être M. Sarkozy se réjouit-il de
mésaventures qui, le montrant en persécuté et martyr, lui rouvriront les portes
du pouvoir.
Il se peut
alors qu'il se venge, et le régne de l'injustice se perpétuera.
***Dans le
même temps, Mme Taubira tente de rendre un peu moins stupidement cruelles
diverses lois pénales; si modestes, et parfois maladroits, soient ses efforts,
je veux ici lui en rendre hommage.