david in winter

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Editeur. Ecrivain. Dilettante

dimanche 13 octobre 2013

Con et conne



   Grand brouhaha politico-médiatique à propos de la saillie d'un histrion alzhémérien qui fait dans la diatribe-de-gauche comme il fait sous... – non, ne sombrons pas dans cette facilité vulgaire qui est tout le talent de cet individu --, saillie consistant en une brève insulte adressée à une sorte d' andouille, mais femme, second couteau oublié de l'ancien règime, qui trouva en cette apostrophe une occasion inespérée pour que son nom apparaisse sur les réseaux sociaux et autres organes d'information.
  Ne cèlons rien de ce fait-divers qui chasse des Unes de papier et d'écran la méconnaissance de la natation par certaines peuplades : l'ersatz de comique a traité la fantomatique ex-sous-ministresse de conne.
  Drame et scandale.
  Aussitôt, la créature outragée annonça qu'elle portait plainte en justice, selon le réflexe pavlovien qui entraîne désormais que tout propos vaille à son auteur de subir les foudres de la loi, ajoutant que le mot prononcé était une atteinte "aux droits des femmes "  -- mais sans suggérer que sa forme masculine pût être une atteinte aux droits des hommes --, tandis que le bateleur se disculpait en excipant de sa verve rabelaisienne.
  Un peu d'histoire et d'étymologie éclairera cette grave affaire.
  Rabelais ignore conne, il ne connaît , de ce substantif, que le masculin originel, qu'il écrit masqué dans la fameuse contrepéterie topographique : A Beaumont-le-Vicomte, dans laquelle le mot , loin d'être péjoratif, conserve pleinement son sens gynécologique.
  Con vient en effet du latin cunnus,i, s.m., qui signifie vagin , et est attesté en ce sens chez Horace (première Satire) et Cicéron ( Lettres familières), tandis que l'aimable dérivé cunnilingus se rencontre chez Martial.
  Comment ce mot charmant, qui ne devrait être prononcé qu'avec respect et vénération, a-t-il pu prendre un sens si péjoratif qu'il n'est plus qu'une injure ? ( Et qu'il ait été récemment supplanté en son sens véritable par l'animal chatte est une autre histoire).
   Dans son indispensable Dictionnaire des injures (Paris, 1967), M. Robert Edouard consacre un chapitre de quinze pages ( Remontons aux sources ) à tenter d'éclaircir les prolégomènes et aboutissement de cette évolution sémantique, il s'en acquitte avec plus de fantaisie que de rigueur scientifique , mais établit que con-injure n'est apparu que vers 1920, dans le langage des voyous de barrière, conne devant attendre les années cinquante pour se manifester – nous sommes assez loin de Rabelais, mort en 1553.
   Notons aussi que chez nos amis anglo-saxons le substantif cunt a tardé encore plus pour acquérir une identique couleur péjorative, mais ne nous lançons pas dans la linguistique comparée.
  Bref, il serait parfaitement légitime que les femmes se plaignissent  qu'un vocable désignant de leur anatomie la part la plus sacrée ( et qui, jusqu'à l'apparition des gender studies, permettait de les distinguer aisément du mâle de l'espèce ) ne serve plus qu'à outrager, en revanche la forme féminine conne a acquis une autonomie qui, faisant oublier ses origines, la met au niveau de ses synonymes idiote ou crétine, qui ne peuvent être des injures lorsque ces mots décrivent la simple réalité intellectuelle de la personne à qui ils furent adressés.
        Dans le procès qui s'annonce, d'augustes magistrats devront donc déterminer si le degrè d'intelligence de la plaignante est tel qu'il ne fut proféré à son égard que la constatation d'un fait, ou si elle a été victime d'une simple erreur d'appréciation, pour le comique-de-gauche, nul besoin d'un tel examen, il y a belle lurette que son propre discours l'a jugé.

   * Le Dictionnaire de M. Edouard contient neuf mille trois cents gros mots pouvant servir d'injures, et de grasse pâture pour les tribunaux.

samedi 12 octobre 2013

Immigration : problème résolu



    Plouf ! Un évènement dont la nature venait d'être déclarée inacceptable et inadmissible par les plus hautes consciences mondiales vient insolemment de se reproduire : un troupeau d'individus venus chercher en Europe allocations, subsides et autres aides financières ayant commis la maladresse de se porter tous au même bord de la chaloupe qui les transportait afin de faire coucou à un avion les survolant se sont ainsi transformés en naufragés, certains se rangeant ensuite dans la catégorie des noyés, les autres préférant celle des rescapés.
    Noyés ou rescapés, tous appartiennent à un plus vaste ensemble désormais nommé migrants. Ce terme ne m'est guère sympathique, pour la raison qu'il est non seulement incorrect mais également inesthétique de faire d'un participe présent un substantif, d'autant plus que ce lourd néologisme est lui-même formé sur un antérieur néologisme ( mais âgé de quelque cent trente ans ) inventé pour désigner " le déplacement d'un liquide ou fluide par une action physique" (exemple : " Parmi les divers gaz sur lesquels j'ai opérés, c'est l'hydrogène qui migre le plus vite." M. Bellamy, Compte-rendus  de l'Académie des Sciences, t.LXXXIII, p.671).
    Ni gaz ni fluides, ces migrants de l'an 2013 sont des êtres humains dont la propension à sombrer dans la Méditerranée avait fortement ému tout ce qui caquète dans les medias et parlements, au point qu'un humaniste-au-cœur-saignant avait proposé que leur fût décerné le  Nobel de la Paix  --raté : cette distinction scandinave, dont la liste des lauréats ressemble étrangement à un annuaire du crime, vient d'être attribuée à une sorte de bidule onusien, qui connaîtra ainsi son quart d'heure de célébrité warholien.
    Malchanceuse, la dernière vague de migrants naufragés sera donc ipso facto exclue des honneurs nobélesques, mais , à la lecture des habituels organes d'information, elle semble également privée des consolants torrents de larmes publiques et télévisuelles qui avaient coulé sur de plus médiatiques prédecesseurs.
   En fait, je n'ai pu relever, émanant de la bouche d'une autorité, qu'un appel ferme pour que "cela cesse". Quoi doit cesser ? La migration des migrants ? Le caractère submersible des bateaux ? La présence d'eau dans les mers ? Cela n'est pas très clair, mais il m'a semblé qu'il était fait allusion à un problème , qui est celui, plus vaste, de l'immigration de peuplades exotiques.
  A ce problème existe une solution.
   Le simple bon sens nous dit que si des êtres humains quittent leur terre natale pour aller s'établir ailleurs, c'est que cet ailleurs leur semble plus plaisant, plus riche, plus paisible.
   Si donc cet ailleurs entreprend de devenir moins riche, moins paisible etc., il ne présentera plus le moindre attrait pour les migrants potentiels , qui cesseront ainsi de nourrir les prédateurs sousmarins et, pour les survivants, de venir poser leurs pénates dans la vieille Europe.
   Or il existe aujourd'hui en France un gouvernement qui mène avec vigueur une politique destinée à appauvrir radicalement la population, tout en protégeant les individus adeptes de l'appropriation frauduleuse des biens d'autrui, politique qui devrait assez vite mener ce pays au niveau de prospérité et de sécurité que connaît la riante Somalie.
     Ainsi, à toutes celles et tous ceux qui refusent que les migrants viennent faire la sieste dans leur jardinet , je ne peux que conseiller d'apporter tout leur appui aux initiatives et lois de  M. Hollande et ses dévoués commis (et commises).

vendredi 11 octobre 2013

Héritier des Lumières ?



   Dans ces sempiternels débats médiatiques où s'affrontent des individus prêchant la même antienne, et parfois agrémentés de la présence honteuse d'un dissident destiné à servir de punching ball, revient en leitmotiv cette fière affirmation : "Nous, héritiers des Lumières... " haituellement suivi d'un : "Nous ne pouvons accepter que..."
   Ces Lumières sont, comme la gousse d'ail ou les balles d'argent, un infaillible grigri pour terrasser l'adversaire, qui doit se désintégrer dès que le touche un lumineux rayon de soleil, comme Christopher Lee dans la séquence finale de Horror of Dracula de Terence Fisher.
   Que sont ces Lumières, dont l'invocation exclut automatiquement de l'humanité le moindre quidam accusé, plus souvent à tort que raison, d'être islamophobe, romanichelophobe, homophobe, écolophobe, et même sexiste, populiste et fumeur  mal embouché?
  Elles sont supposées désigner un mouvement d'idées, ou courant de pensée, qui commença grosso modo avec Bayle et Fontenelle pour culminer ( tout aussi grosso modo ) avec Emmanuel Kant, en passant par Montesquieu, Voltaire, Beccaria ou Saint-Lambert (entre autres).
   Il est remarquable que le terme, en cette acception, soit absolument ignoré tant de Pierre Larousse que d'Emile Littré, il n'apparut qu'au XXème siécle, et ne fut jamais employé par les hommes dont il est supposé désigner le temps – temps où, certes, la lumière se rencontre en maintes phrases comme annonciatrice de la Vérité, phrases qui ne sont qu'un effet rhétorique employé aussi bien par les plus orthodoxes orateurs chrétiens que les adversaires déterminés de la religion, et qui signifie, belle découverte, que la lumière éclaire. Fiat lux !
   Le sujet est vaste, trop vaste pour un billet, je dois donc éliminer de mon propos Emmanuel Kant ( et toute la misérable philosophie allemande, d'ailleurs alors inconnue en France-- Kant ne figure pas dans l'exhaustif index de mon édition des œuvres complètes de Voltaire en 97 volumes ), et me restreindre aux auteurs français, mais après tout, ce sont eux, les grands ancêtres panthéonisés.
  Ces écrivains ne s'appelaient eux-mêmes, et ne se sont jamais autrement nommés, que philosophes—et pour leurs adversaires, ils formaient la secte des philosophes  qui, à partir de 1760 environ domina sans partage, et avec férocité, le petit monde des littérateurs.
  Les plus importants d'entre eux moururent avant1789, ceux qui vécurent après cette date funeste, les La Harpe, Morellet, Grimm,  Marmontel, Raynal dénoncèrent avec horreur la Révolution, tandis que cet obstiné pourfendeur du despotisme que fut mon cher Simon-Nicolas-Henri Linguet périssait sur l'échafaud républicain .
  Hélas pour nos contemporains adorateurs des prétendues Lumières, les Voltaire, Rousseau, d'Alembert etc. ne se réunirent pas pour écrire un petit livre exposant succintement et sans ambiguité une doctrine qu'ils ne conçurent jamais ( et encore moins une idéologie, terme très postérieur recouvrant des conceptions totalitaires dont on peut être certain qu'elles eussent répugné aux Philosophes).
   Pour savoir ce qu'ont pensé ces contempteurs du despotisme qui multiplièrent les louanges outrées à ces despotes, d'ailleurs admirables, que furent Frédéric et Catherine ( Diderot fut particulièrement gâté par les largesses de la Sémiramis du nord ), il faut consacrer quelques mois ( et peut-être un peu plus...)  à les lire véritablement, c'est-à-dire lire tous leurs écrits, non des extraits ou les seuls textes recommandés par la doxa scolaire, se rendre ainsi capable de séparer ce qui est écrit de circonstance, ruse ponctuelle, concession à l'air du temps de ce qui exprime une pensée novatrice et, surtout, soutenue avec la constance née de la conviction authentique.
   Sans prétendre avoir achevé cette tâche, par ailleurs agréable, je ne trouve de clairement revendiqué dans ces œuvres si diverses ( avec un point d'interrogation pour Jean-Jacques Rousseau qui ne dit blanc que pour vite affirmer noir ) qu'une hostilité sans faille au catholicisme , non au christianisme : au seul catholicisme apostolique et romain ( d'où la justification de l'enthousiasme pour Frédéric et Catherine, l'un protestant et l'autre  orthodoxe, ou encore, chez Voltaire, l'éloge des peu tolérants Quakers ou des peu connus Parsis...) , et c'est le catholicisme que dénonce , en le déguisant sous une approximative défroque mahométane, Voltaire dans sa tragédie intitulé Le fanatisme, ou Mahomet le prophéte, de même que dans Les Druides de Le Blanc de Guillet ou Les Incas de Marmontel il est aisé de voir quel clergé vivant et présent se cache sous l'apparence de prêtres exotiques  -- jusqu'à l'obsession, Voltaire , le plus grand et le plus influent des Philosophes, ne cessa de marteler cet appel à l'annihilation de l'Eglise de Rome, et elle seule : Ecrasons l'infâme !
   Pour le reste, nous trouvons dans ces innombrables pages le pire (incohérences, injures, intolérance, fanatisme, protectionnisme ) et le meilleur (liberté de conscience, liberté du commerce ), dès 1790 les Républicains en prirent ce qui pouvait justifier les actes qu'ils avaient commis par impulsion plus que par raison, et au fil des décennies se constitua ( avec l'inclusion inopinée de Kant etc. ) une doctrine de l'esprit des Lumières (en fait, cette Déclaration des Droits de l'Homme sans cesse réécrite selon les besoins du jour), doctrine que jamais n'élaborèrent les Philosophes.
   Suis-je héritier des Lumières ?
   Je suis héritier des Grecs et des Romains, des bardes et théologiens médiévaux, des génies de la Renaissance et de l'Age classique, et des Philosophes et des romanciers et poétes du siècle suivant  -- je suis héritier des textes que je lis, mais non d'une imposture.

jeudi 10 octobre 2013

Notre amie la Dette : retour, et hold-up sur nos économies



  Il existe un bel organisme international qui a acquis, ces dernières années, une enviable notoriété auprès des lecteurs de la presse pipole grâce aux aventures galantes de son président (destitué) et aux lettres de midinette écrites à un frétillant chef d'Etat par sa présidente en service.
  Cet organisme se nomme "FMI" et a pour mission de secourir les plus criantes misères financières de la planète, c'est-à-dire les soucis de trésorerie de divers gouvernements ( soit tous les gouvernements existants moins les Chinois, les Qataris et autres états qui ont plus de pétrole que de population). Ce FMI dispose de beaucoup de jolis bureaux où sont logés une nuée de fonctionnaires internationaux nommés analystes, prévisionnistes et même pour certains économistes, sans doute pour faire rire quiconque s'est donné la peine d'apprendre ce qu'est la science économique en lisant les œuvres de Ludwig von Mises ou de Hayek.
   L'autre jour,en bavardant à la cafeteria entre collègues tout en feuilletant de vieux dossiers et autres rapports de synthése, certains de ces analystes etc. ont découvert que divers Etats qualifiés d' "avancés" – autrement dit : Etats-Unis et Europe – étaient non seulement endettés, mais même beaucoup endettés, et que leurs monceaux de dettes représentaient un danger.
   Cette révélation entraîna réunions, déjeuners de travail et nuits de brainstorming, et de l'activité de toutes ces cellules grises est né un document publié hier, intitulé Taxing times (l'américain simplifié est la langue de l'institution) et qui propose une solution simple et efficace pour réduire le méchant endettement étatique : piquer dix pour cent de l'épargne des citoyens.
  Concrétement : vous avez dix mille pistoles sur votre compte en banque, et hop! soudain vous n'en avez plus que neuf mille, les mille manquantes étant parties dans les caisses de votre vénéré gouvernement.
   Les FMI boys ( and girls, maybe ? ) ont entouré cette  proposition de précautions oratoires afin d'en atténuer un caractère que certains pourraient qualifier de désinvolte, d'abord en demandant à un universitaire californien de recenser des précédents historiques, afin de montrer que la pratique antérieure d'une telle ponction n'a pas empêché la terre de tourner, ensuite en affirmant qu'il ne s'agirait que d'un one off, ou en français  coup unique, chacun sachant que lorsqu'un impôt est institué il n'est jamais renouvelé ni prolongé, mais aboli sitôt que perçu.
   Je ne sais pourquoi a été omis l'exemple, pourtant récent, des citoyens chypriotes dont les comptes en banque ont été victimes d'un élégant hold-up étatique sans que leur île ne s'engloutît dans la Méditerranée , ce fut là un ballon d'essai dont le succès annonçait de plus vastes entreprises, les voici, revêtues cette fois du sceau d'une autorité prestigieuse.
  Mais, remarquerons les optimistes, il ne s'agit là que d'une proposition, et sans doute ne sera-t-elle pas adoptée en l'état,-- de cela je ne doute pas, je pense même qu'elle n'entrera en vigueur qu'après une phase de concertation avec d'habituels complices, au terme de laquelle le taux de 10% pourrait être ramené à un taux acceptable de 9,9 ou même 9,8%.
  Maintenant, que faire pour préserver les sous que vous avez économisés pour vos vieux jours, dans la crainte que le gouvernement ne vous verse pas la retraite  promise en échange de vos cotisations forcées?
  Ces sous sont confiés à votre banque où vous pouvez aller les échanger contre du liquide, opération qui, conformément aux lois en vigueur, sera aussitôt dénoncée au fisc, qui saura bien venir chez vous pour prendre vos billets.
    Pas de billets, donc, mais... de l'or ? Hélas, les transactions sur ce métal sont férocement surveillées,  et vous pouvez être certain que vos louis ou napoléons n'échapperont pas aux griffes des prédateurs étatiques.
   Des diamants ? C'est plus discret ( quoique...) mais pourrez-vous payer votre café ou votre salade à l'épicier voisin en échange d'une jolie pierre ?
   Les objets de collection ? Des cuillères à absinthe ou des bébés Jumeau que vous revendrez sur e-bay au fur et à mesure de vos besoins ? Eh non! Les comptes Paypal sont tout autant surveillés que les comptes bancaires nationaux, comme le montre la mésaventure récente d'un semblable collectionneur condamné en justice à une amende pour avoir détenu quelque monnaie chez Paypal.
   Résignez-vous,  habituez-vous à voir votre patrimoine amputé, et surtout , consolez-vous : la dette, cette vilaine verrue sur les comptes de la Nation, ne sera plus dangereuse. Grâce à votre aimable contribution, elle sera même, selon de très scientifiques calculs de nos experts internationaux, réduite de 1.927 milliards d'euros , son niveau actuel, à seulement 1.700 milliards de ces euros (environ), et ne sera ainsi plus que clopinettes.
   Ensuite, toujours selon nos charitables analystes, le gouvernement, redevenu vertueux, pourra,  satisfaisant désormais aux comiques critères européens qui lui permettent de dépenser plus qu'il n'encaisse ( à hauteur d'environ 6% de déficit par rapport à ses revenus ), continuer à distribuer allègrement l'argent qu'il n'a pas  -- et recommencer avec une parfaite bonne conscience à faire de nouveau grossir et grossir notre amie la Dette.