--Ah
mais...zut alors! s'écrient M. Dupond et Mme Dupont en jetant autour d'eux un
regard étonné, c'est plein d'immigrés
ici!
--Ô
combien! renchérit M. Martin, et ces immigrés, y'en a même trop!
Voici
donc un problème identifié, mais existe-t-il,
à ce problème, une solution?
Oui!
La lecture du journal quotidien d'un écrivain
antiremplaciste m'a apporté la
réponse cherchée : elle tient toute entière dans le concept de remigration.
A première vue, le "r" de ce
néologisme dépourvu d'élégance implique une sorte de retour à l'envoyeur de
l'émigration, regardons cela de plus près.
Internet,
où l'on trouve, à défaut d'information exacte, une approximation de tout et de n'importe quoi, m'apprend que
cette remigration est l'invention
d'un M. Laurent Ozon, intellectuel
écologiste et fondateur, ou employé, ou associé, d'une société de surveillance et, ce qui semble une conséquence logique
de ces activités, ennemi déterminé de la morale libérale.
M.Ozon et sa remigration ont un site, auquel j'ai accédé afin
d'apprendre comment, concrétement, il
est proposé de se débarrasser des immigrés.
Je n'y ai hélas trouvé que généralités et
pétitions de principes avec cependant, soyons honnête, l'évocation de la
possibilité de faire plaisir aux habitants de l'Afrique subsaharienne en leur
expédiant notre trop-plein de population allogène –je ne doute pas que , par
exemple, les Algériens ne frémissent d'aise à la pensée de recevoir, héberger
et nourrir, toujours par exemple, nos amis les Romanichels (dont la si belle et
trop oubliée Leonarda).
Quant aux modalités pratiques de cette remigration,
rien.
Admettons que séjournent sur le sol de
notre vieille Gaule six millions d'immigrés
et qu'il soit décidé d'en faire remigrer
la moitié.
Cela fait, si je compte bien, trois
millions d'êtres humains à rééxpédier... –où? Un peu au Luxembourg, un peu plus
au Liechtenstein et le reste en Afrique du nord?
Et comment
les réexpédier ? En train, dans des wagons spécialement équipés? Par bateaux,
aux cales coquettement aménagées? A pied, en les poussant avec vigueur?
Et encore, imaginons le pire, si ces
immigrés ne veulent pas remigrer,
comment les y obligera-t-on? Car forcer trois millions de personnes à faire ce
qu'elles ne veulent pas faire n'est pas tout-à-fait la même chose qu'expulser
trois douzaines d'individus.
Et si, et si..., s'il se trouve que ces
immigrés ont parmi les Gaulois-de-souche des parents, des amis, des employeurs
qui veulent les garder auprés d'eux, faudra-t-il aussi se débarrasser de ces mauvais Gaulois?
Mais je ne doute pas que les apôtres de la remigration n'aient tout prévu pour
résoudre ces petits soucis. Il m'est arrivé de les lire, sur d'autres sujets, c'est avec une grande constance qu'ils prônent une idéologie qui a fait ses
preuves – l'idéologie socialiste-nationale.