david in winter

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Editeur. Ecrivain. Dilettante

lundi 25 août 2014

Un séisme politique




     Lundi 25 août, fête de saint-Louis, 14.00 heures. Il pleut.
    Va-t-il pleuvoir encore dans les heures à venir?
     Pour répondre à cette angoissante question, j'allume mon smartphone afin de consulter la météo et, avant de pouvoir effleurer l'icône pertinente, un message apparaît, porteur de cette remarquable nouvelle : le gouvernement est parti!
     Plus de gouvernement? Un vif sentiment de joie m'emplit, hélas, les bonnes choses sont éphémères – un autre message m'apprend que, dès demain, un nouveau gouvernement arrivera.
   Pantins incultes, vaniteux et cupides recrutés parmi la lie du peuple, les ministres sont, en démocratie, rigoureusement interchangeables, ce qui signifie que le changement d'individus n'entraîne aucun changement politique digne d'être noté.
   Et sachant que, comme il se doit, tout continuera d'aller de mal en pis, j'éteins mon smartphone (en me jurant de ne pas le rallumer avant une bonne semaine).
   Pour le temps qu'il fait, je regarderai par la fenêtre.

mercredi 13 août 2014

Monsieur le Prince le Héros



   De tous les hommes supérieurs qui ont fait jadis la gloire de la France, il n'en est aucun pour qui (les souverains exceptés) j'ai une plus vive admiration que Louis II de Bourbon-Condé (1621-1686) surnommé le Grand Condé ou Monsieur le Prince le Héros.
    En frontispice du tome premier de l'ouvrage intitulé Mémoires pour servir à l'Histoire de la Maison de Condé qui imprimé sur les manuscrits autographes , contient la vie du Grand-Condé , écrite par feu Monseigneur le Prince de Condé [son petit-fils] , la correspondance de ce Prince avec tous les souverains et princes des familles royales de l'Europe (Paris, 1820, 2 vol.) une gravure représente sur un champ de bataille Condé, alors duc d'Enghien et âgé de 23 ans, tenant son bâton de commandement, avec cette légende :
  "Le duc d'Enghien s'approche des retranchements [des ennemis] , y jette son bâton de commandement. Cette action hardie fut le signal de la victoire. L'ardeur d'arracher aux ennemis un trophée si précieux décide aussitôt le soldat à risquer plutôt mille morts que d'abandonner un héros qui ne voulait commander qu'à des vainqueurs."
   Le Prince s'était élancé en tête, l'épée haute, il revint couvert du sang des ennemis ("c'est le sang de ces coquins", dit-il à un aide qui s'inquiétait qu'il fût blessé), et triomphant.
   Après ce combat de Fribourg, où nous tuâmes six mille Bavarois, et quelques nouveaux succés, le vainqueur de Rocroi et autres lieux s'en retourna passer l'hiver à Paris.
   Voyons comme il occupait ses loisirs.  
   "M. d'Enghien, écrit dans ses Mémoires Nicolas Goulas, qui fut gentilhomme ordinaire de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, (Paris, 1879, 3 vol.) , étant à la comédie au Palais-Royal, et voyant un homme de la cour auprès de luy fort poudré et dont le collet du manteau étoit tout blanc de poudre, il fit la représentation d'un membre viril sur ce collet, qui attira le rire des voisins, et puis des plus éloignés."
    C'était le grand siécle, et le temps des grands hommes.

dimanche 3 août 2014

Le choix d'un enfant



   Un débat animé, ponctué par de vigoureux échanges de noms d'oiseaux, a fort agité deux aimables chroniqueurs (MM. Corto et Jégou) , ainsi que leurs commentateurs, donnant ce matin à la blogosphère (sic) l'apparence désolée d'une bande de terre du Proche-Orient également sous les feux de l'actualité (et  des canons).
    Tout est parti de l'interdiction par la censure de M. Etat d'un petit film que ses auteurs destinaient à une diffusion télévisuelle, et dont le propos est d'inciter les femmes grosses d'un fœtus frappé d'une certaine déficience à mettre au monde celui-ci plutôt que l'expédier à l'incinérateur d'un quelconque hôpital.
   Partisan très-radical de la liberté d'expression, je ne peux qu'en relever, une fois de plus, la négation, sans m'y plus attarder.
   Je reconnais également le droit pour toute créature femelle de se débarrasser d'un corps étranger dont la présence l'importune, et le droit pour d'autres individus de proclamer que ce corps étranger est un être vivant qu'il n'est pas bien de tuer (pour ces derniers, le droit de s'exprimer n'entraîne aucun droit de réclamer l'interdiction par la violence de la loi des conduites qu'ils désapprouvent).
   Ce n'est pas là mon propos.
   De cette affaire, j'ai retenu que les progrès de la science permettent aujourd'hui à des médecins de recueillir un certain nombre d'informations sur un futur bébé paisiblement blotti dans le ventre maternel.
   Les progrés de la science ne cessant de progresser, je ne doute pas que, chaque jour, le nombre et la qualité de ces informations ne cessent de croître et que, bientôt, de bienveillants disciples d'Hippocrate annonceront à la proche parturiente que son fruit (comme l'on disait jadis) aura les yeux bleus, verts ou noirs, les cheveux bruns ou roux, un QI faible ou élevé, une prédisposition au fâchisme ou à l' humanisme, sera, s'il est mâle, grand abatteur de bois (expression chère à Tallemant des Réaux) ou, pour une femelle, tristement frigide, etc. etc. Une fois munie de ces informations – et il importe peu qu'elles soient exactes, il suffit qu'elles soient crues être exactes --, la dame pourra, en toute connaissance de cause, décider de garder ou jeter l'embryon si parfaitement décrit.
    Jadis, la naissance était une sorte de loterie – fille ou garçon? Vigoureux ou souffreteux? Beau ou laid? Grand ou petit? Bête ou futé? Surprise surprise!
    Ces temps sont révolus, désormais les humains ne peupleront plus la terre que de progéniture conforme à leurs goûts du moment.
     Qu'en résultera-t-il?
      Quitte à surprendre, je fais le pari d'une grande diversité humaine, mais ce pari, je ne suis plus d'âge à pouvoir espérer en connaître le succès, ou l'insuccés.

lundi 28 juillet 2014

Islam, émeutes et tolérance



 
   Faut-il s'armer? Faut-il fuir?
   A lire certains commentateurs, éditorialistes, blogueurs etc., une guerre civile menace notre beau pays, conflit d'autant plus inquiétant que l'issue annoncée devrait être assez défavorable aux populations de souche.
   Les prémisses de ce déplorable évènement ont été des manifestations durant lesquelles des islamistes (appellation désignant, selon des critères flous, certaines catégories de mahométans) se sont livrés à ces dépradations que les policiers laissent se produire (sous tous les régimes...) pour servir les tortueuses fins électoralistes des politiciens au pouvoir.
   Ces manifestations, d'ailleurs organisées par un parti radicalement athée, ont rassemblé environ cinq mille individus, sur une population mahométane estimée sur notre sol à cinq millions, soit un pour mille de cette masse.
    Je ne prendrai donc pas la peine de nettoyer mon fusil, ni de louer une cabine sur un bateau voguant vers la terre Adélie.
    Incidemment, nous observerons que, dans le vaste monde, la proportion de djihadistes (autre variété de mahométans ayant mauvaise presse) représente une proportion semblable des adorateurs d'Allah, d'où nous pouvons déduire que l'immense majorité de ces hommes (et même femmes, marchant sous cloche à trois pas derrière leurs seigneurs et maîtres  --heureuses mœurs!) est pacifique, et ne songe qu'à vaquer tranquillement à ses petites affaires.
     A l'autre extrêmité du spectre politique, le premier commis vient de proclamer, une nouvelle fois..., que "l'Islam est une religion de tolérance."
    Autre absurdité.
    L'Islam est une religion révélée, qui détient de Dieu lui-même une vérité transcendante, laquelle ne peut accepter de tolérer l'erreur (i-e : les autres religions, et, pis encore, l'athéisme).
    Des considérations politiques et financières ont pu conduire des souverains mahométans à admettre la présence de fidèles d'une autre foi (en échange du paiement d'un impôt...) , c'est là un acte de gouvernement qui n'atténue en rien le caractère nécessairement intolérant de la parole divine.
    Mais qu'est-ce que la tolérance?
    Je ne vais pas commenter à nouveau le trop fameux essai de Locke (ce qu'a fait durant une trentaine d'annnées l'excellent philosophe Raymond Klibansky avec le concours des plus éminents penseurs de son temps...) mais seulement rappeler la définition de mon cher Littré: "condescendance, indulgence pour ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas empêcher".
    Tolérer, c'est, pour les détenteurs de la souveraineté, permettre à certains de leurs sujets (parfois nommés "citoyens") d'agir, ou de se conduire, ou de penser, en dehors des régles qui sont la loi du pays, ou de la communauté, une telle permission est par nature révocable ad libitum et ne peut constituer un droit.
     C'est  le seul vaincu, ou soumis, qui bénéficie de la tolérance, et celle-ci lui accorde la permission de vivre – provisoirement.

    PS. Autre religion révélée, le christianisme ne connaît pas plus la tolérance que l'Islam –relire Bossuet, et les actes du Concile de Trente, et saint Paul, etc..

jeudi 17 juillet 2014

Prison et caricature



Le 14 novembre 1831, le dessinateur satirique Philippon (1800-1862), directeur de La Caricature, que lança Balzac, et du Charivari, comparaissait devant la Cour dAssises de Paris, jugé pour divers délits de presse.
   Face aux juges, Philippon sortit un cahier et effectua quatre croquis –le premier repésentait le roi Louis-Philippe, le second accentuait le visage du même en forme d'un certain fruit, le troisième poussait plus loin ce travail, et le quatrième représentait une poire (royale).
   Peut-on être condamné pour dessiner une poire?
   Philippon eut vite la réponse : deux mille francs d'amende et six mois ferme.
   Nous avons progressé : c'est à cinquante mille euros d'amende et neuf mois ferme qu'un tribunal exotique (mais, paraît-il, français) vient de condamner une jeune femme pour avoir publié des images représentant, mutatis mutandis (et sans grand talent), une semblable évolution d'une princesse républicaine.
    Feuilletons des albums de ce génie du dessin que fut J.J. Grandville,qui était l'ami de Philippon. On y voit des métamorphoses d'homme en animal, des représentations zoomorphes de divers personnages...
   Ce n'est pas aujourd'hui que pourraient être publiées semblables horreurs.

*Merci à Pierre-Robert L. qui m'a, dans un autre contexte, rappelé la poire philiponienne.