Je reçois ce matin un fort joli volume
intitulé " Vertus, esprit et
grandeur du bon Roi Louis XVI
" par M. Demonville, imprimeur-libraire, ( Paris, 1817, seconde édition).
C'est un ouvrage fort-édifiant , dédié à
S.A.R. Mgr le Duc d'Angoulême [petit-neveu de Louis XVI], divisé en trois
parties (Vertus, esprit et grandeur,ce
qui est fidèle au titre) contenant chacune un grand nombre de faits, propos ou
anecdotes montrant l'équité, l'humanité, la charité, la bonté, la piété, le
jugement, la présence d'esprit, l'amour du peuple, etc. etc. du Roi-martyr, et
illustré de cinq très-plaisantes gravures, également édifiantes, la dernière
montrant Louis s'élever au ciel couronné
par les vertus au son d'une musique
mélodieuse.
Il est
indéniable que Louis possédait toutes ces
vertus qui eussent fait de lui un excellent gentilhomme campagnard,
attentionné au bien-être de ses paysans et curieux de toutes les sciences, il
est regrettable qu'il ne possédât aucune de celles qui sont nécessaires à un
souverain, mais ceci est une autre histoire.
Mon
exemplaire porte sur le premier plat de couverture les armes de l' Institution Hallays-Dabot et fut donné
comme prix à un certain Glichy pour
ses succès durant l'année scolaire 1823-1824.
Et ma
pensée vagabonde...
Décerne-t-on encore aujourd'hui, aux plus studieuses de nos jeunes têtes
blondes, de tels recueils à la gloire de l'infortuné souverain?
Mais, car je suis peu au courant des choses
actuelles, existe-t-il toujours des livres
de prix, comme ces somptueux volumes in-quarto, reliés et richement
illustrés, que reçut ma mère à l'Ecole
de filles, et communale, de la rue de la Fontaine-au-Roi en 1916, en récompense
de son prix d'excellence?
Et même,
existe-t-il encore des prix, ce qui suppose que soit établi entre les écoliers
un classement, au risque de bafouer
le dogme sacré de l'égalité? Et proclamer l'excellence
de l'un d'entre eux ne risquerait-il pas de traumatiser ses camarades moins doués, ou moins travailleurs?
Allons plus
loin : offrir un livre , un vrai livre imprimé sur du papier, à de futurs
bacheliers, ou bachelières, n'impliquerait-il pas que ceux-ci (et celles-ci)
fussent capables de lire autre chose que des touitts?
Ce serait,
je le crains, une supposition bien hasardeuse.