david in winter

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mardi 24 février 2015

En l'honneur d'Elie Fréron

      

   En réponse à un billet hostile à Voltaire, d'une argumentation médiocre et d'une mauvaise foi infantile, publié sur le site socialiste-national Boulevard Voltaire, M. Dominique Jamet, qui en est l'animateur et fut jadis, pour de menus services rendus,  récompensé d'une grasse sinécure  par feu François Mitterand, se livre à une violente attaque contre Elie Fréron, qu'il qualifie d'individu "obscur et visqueux" (?).
    Il est vrai que la victoire du parti des "philosophes" a rejeté dans les ténèbres extérieures un grand nombre d'auteurs du XVIIIème siécle coupables de n'avoir jamais caché leur fidélité au Trône et à l'Autel.
    Manquaient-ils de talent? Il faudrait, pour répondre, se donner la peine de les lire.
    Dans un recueil de chroniques intitulé Le purgatoire, et que je ne saurais trop conseiller à quiconque ne se fie pas aux jugements officiels, M. Pierre Gaxotte raconte quelles circonstances lui permirent de lire quelques deux cents numéros de L'année littéraire, la gazette que dirigea Elie Fréron (1719-1776), et il ne cache pas le grand plaisir que lui donna cette lecture.
     La collection complète de L'année littéraire, fondée en 1754, étant introuvable, j'avoue n'en posséder que les numéros des années 1755, 1757, 1758 et 1759, ce qui est suffisant pour m'assurer que cette publication fut, tant par la diversité et l'impartialité de ses jugements que par la rigueur et l'exhaustivité de ses recensions, la meilleure des très nombreuses gazettes publiées en ce temps, et l'on ne s'étonnera pas que Voltaire en fut le lecteur assidu, demandant avec impatience à ses visiteurs venus de Paris s'ils lui en apportaient bien la dernière livraison.
    Sur Fréron lui-même, on peut parcourir Les confessions de Fréron,sa vie,souvenirs intimes et anecdotiques, ses pensées, recueillis et annotés par Ch. Barthelemy (Paris, 1876) qui montre que cet homme jadis célèbre fut aussi, moralement et intellectuellement, très digne d'estime.
   Je n'ai pas ici la place de dire ce que fut le terrorisme intellectuel que firent régner les "philosophes" au temps d'étranges lumières et je crains qu'il soit inutile de déplorer que les effets en durent encore aujourd'hui, peut-être plus  par paresse intellectuelle que conformisme idéologique.
   Je ne fournirai donc pas une bibliographie étendue des écrivains qui s'opposérent aux idées nouvelles, citant seulement deux ouvrages que je crains d'être bien seul à lire en cette fin d'hiver 2015 :
*Dictionnaire anti-philosophique, pour servir de Commentaire & de correctif au Dictionnaire philosophique, & autres Livres qui ont paru de nos jours contre le Christianisme (Avignon, 1758 , également publié sous le titre : Anti-dictionnaire philosophique);
*Les grands hommes vengés, ou Examen des jugements portés par M. de V. [Voltaire] & par quelques autres Philosophes sur plusieurs hommes célèbres, avec un grand nombre de remarques critiques & de jugements littéraires, par Monsieur des Sablons (Amsterdam, 1769, 2 vol.).

3 commentaires:

  1. " Que croyez-vous qu'il arriva ?
    Ce fut Jean Fréron qui creva."
    Jean ?

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  2. Sans rapport et pour info au cas où vous ne l'auriez pas lu: excellente critique sur une pleine page dans Le Point pour le journal de Muray Ultima Necat

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