david in winter

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jeudi 11 septembre 2014

Un souverain et un prix



    Je reçois ce matin un fort joli volume intitulé " Vertus, esprit et grandeur du bon Roi Louis XVI " par M. Demonville, imprimeur-libraire, ( Paris, 1817, seconde édition).
    C'est un ouvrage fort-édifiant , dédié à S.A.R. Mgr le Duc d'Angoulême [petit-neveu de Louis XVI], divisé en trois parties (Vertus, esprit et grandeur,ce qui est fidèle au titre) contenant chacune un grand nombre de faits, propos ou anecdotes montrant l'équité, l'humanité, la charité, la bonté, la piété, le jugement, la présence d'esprit, l'amour du peuple, etc. etc. du Roi-martyr, et illustré de cinq très-plaisantes gravures, également édifiantes, la dernière montrant Louis s'élever au ciel couronné par les vertus au son d'une musique mélodieuse.
   Il est indéniable que Louis possédait toutes ces vertus qui eussent fait de lui un excellent gentilhomme campagnard, attentionné au bien-être de ses paysans et curieux de toutes les sciences, il est regrettable qu'il ne possédât aucune de celles qui sont nécessaires à un souverain, mais ceci est une autre histoire.
   Mon exemplaire porte sur le premier plat de couverture les armes de l' Institution Hallays-Dabot et fut donné comme prix à un certain Glichy pour ses succès durant l'année scolaire 1823-1824.
   Et ma pensée vagabonde...
   Décerne-t-on encore aujourd'hui, aux plus studieuses de nos jeunes têtes blondes, de tels recueils à la gloire de l'infortuné souverain?
   Mais, car je suis peu au courant des choses actuelles, existe-t-il toujours des livres de prix, comme ces somptueux volumes in-quarto, reliés et richement illustrés,  que reçut ma mère à l'Ecole de filles, et communale, de la rue de la Fontaine-au-Roi en 1916, en récompense de son prix d'excellence?
   Et même, existe-t-il encore des prix, ce qui suppose que soit établi entre les écoliers un classement, au risque de bafouer le dogme sacré de l'égalité? Et proclamer l'excellence de l'un d'entre eux ne risquerait-il pas de traumatiser ses camarades moins doués, ou moins travailleurs?
  Allons plus loin : offrir un livre , un vrai livre imprimé sur du papier, à de futurs bacheliers, ou bachelières, n'impliquerait-il pas que ceux-ci (et celles-ci) fussent capables de lire autre chose que des touitts?
   Ce serait, je le crains, une supposition bien hasardeuse.

7 commentaires:

  1. J'ai encore dans ma bibliothèque l'exemplaire de "20000 lieues sous les mers", qui m'avait été décerné pour prix de mes efforts. A l'époque on ne se fichait pas encore de ceux qui travaillent, le livre est fort beau, il s'agit d'un fac-similé de belle facture de l'édition Hetzel. Mais nous étions en 1970 ou 1971.

    Mes enfants n'ont pas eu la joie de recevoir le moindre prix. L'époque étant égalitariste, il ne faudrait pas frustrer ceux qui n'ont rien foutu. Et puis franchement, à l'époque du tout écran, offrir un livre c'est élitiste - surtout au vu du pourcentage d'illettrés qui rejoignent le collège, et passablement ringard. Enfin pour ceux qui pilotent le Titanic ministériel.

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    1. Peut-être est-il temps de songer à supprimer l'école laïque et républicaine ?

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    2. Fasciste ! Vous mériteriez que je vous dénonce à la section locale de la FCPE ou bien à l'inspection académique afin que vous passiez quelques temps en stage de rééducation citoyenne ( http://www.surlering.com/article/article.php/article/ja-ai-infiltra-un-stage-de-citoyenneta- ).

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  2. " S.A.R. Mgr le Duc d'Angoulême [petit-fils de Louis XVI]" ? Ne serait-il pas plutôt arrière-petit fils de Louis XV ?

    Pour les prix, ils ont disparu depuis belle lurette...

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    1. Merci, Jacques, d'avoir relevé ce stupide lapsus, et je m'empresse de rectifier avec le correct "petit-neveu' ( Angoulême était le fils du comte d'Artois, futur Charles X, et lui-même Roi durant un très bref moment sous le nom de Louis XIX).

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    2. Pourquoi "petit-neveu"?
      Neveu tout simplement, le comte d'Artois était le frère de Louis XVI.

      Anne-Laure

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  3. j'avais oublié ! et pourtant... j'ai trusté les prix d'honneur et d'excellence du temps de la communale, ensuite au lycée j'ai été prlier prix de ci, premier prix de ça, accessit de ci et puis 1968 est arrivé, et là c'en fut terminé des montées sur la scène de la salle des fêtes et des félicitations des édiles...et aussi des magnifiques livres qui nous étaient remis.
    en même temps vous savez, même à cette époque, c'était pas facile d'être la première de la classe avec un an d'avance (mais ça forge le caractère...)

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