david in winter

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lundi 5 mars 2018

Un drame du harcèlement

  
     

   A l'occasion de la prochaine Journée Internationale de l'Homme que vont célébrer avec autant de faste que de bon goût politiciens, gens de media et cabotins assortis, je dois saluer la naissance du hashtag (???)  #BalanceTaTruie créé par un collectif d'hommes violés, harcelés ou importunés.
   Déjà, ce collectif a balancé une première truie , dont je n'hésite pas à diffuser le nom, qui est celui de Madame Putiphar.
    Rappelons les faits, selon le récit de Genèse, chap.XXX.
    Esclave de l'Egyptien Putiphar, Joseph
   "était beau de visage et très agréable. Sa maîtresse jetta les yeux sur lui, & lui dit : Dormez avec moi.
    "Mais Joseph ayant horreur de consentir à une action si criminelle , lui dit : Vous voyez que mon maître m'a confié toutes choses (...) & que m'ayant mis tout entre les mains, il ne s'est réservé que vous seule, qui êtes sa femme : comment donc pourrois-je commettre un si grand crime , & pécher contre mon Dieu, en violant la fidélité que je dois à mon maître?
   "Cette femme continua pendant plusieurs jours à solliciter Joseph par de semblables paroles; & lui, il continua à résister à son infâme désir (stuprum, dans le latin de la Vulgate).
   "Or il arriva un jour que Joseph étant entré dans la maison  , & y faisant quelque chose sans que personne fût présent
   "sa maîtresse le prit par son manteau, & lui dit encore : Dormez avec moi. Alors Joseph lui laissant le manteau entre les mains, s'enfuit, & sortit hors du logis".
    Nous avons ici un cas très-classique de harcèlement : un inférieur --Joseph est un esclave-- est en proie aux sollicitations libidineuses (stuprum) d'une personne qui lui est hiérarchiquement supérieure : épouse de M. Putiphar, Mme Putiphar est la maîtresse de Joseph.
   Le dénouement de l'affaire est tout aussi classique, je dirai même qu'il semble se dérouler aujourd'hui (nil novi sub sole...) : dès que M. Putiphar fut rentré au logis, sa femme alla vers lui et :
    "elle lui montra ce manteau [celui de Joseph] qu'elle avait retenu comme une preuve de sa fidélité,
   "& lui dit : Cet esclave Hébreu que vous nous avez amené, est venu pour me faire violence;
   "& m'ayant entendu crier, il m'a laissé son manteau que je tenais , & s'en est enfui dehors.
   "Le maître de Joseph trop crédule aux accusations de sa femme, entra à ces paroles dans une grande colère,
    "& fit mettre Joseph en la prison où l'on gardait ceux que le Roi faisait arrêter."
    De cette histoire, je me garderai bien de tirer la morale, de crainte de contrevenir à de récentes lois.

***Ma Bible de chevet, ici utilisée, est celle dite de Vence (1748-1750, 14 vol. in-4°).

3 commentaires:

  1. En outre, dans Putiphar, il y a pute, ce qui n'est certainement pas un hasard.

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  2. Le latin "puta" dans un patronyme égyptien ? Je ne crois pas.
    Et ... zut, j'ai écrit "patronyme" au lieu du désormais obligatoire "matronyme"!

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  3. Laissons Lili Marlène, ses furies et ses viragos ignorer cette insolente réalité qu'elles ne peuvent consentir.
    Leur pain quotidien, leur plaisir tarifé avant toute chose.

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